Japon : éditeur et auteur

Alors que nous traversons un deuxième confinement, nous continuons à échanger avec les auteurs et éditeurs...

Nous évoquons le Japon : avec à Paris avec Isabelle NISHIKAWA, les éditions D'EST EN OUEST et à Kyoto, avec une auteure de polars RURIKO KISHIDA, publiée chez D'Est en ouest.

D'Est en ouest que nous avons invité au salon du livre asiatique de Paris propose des collections pour adulte mais nous suivons ce jeune éditeur parce que ses auteurs sont en en lien avec le Japon, que l'éditeur est... éditrice et surtout parce qu'il nous permet de lire de tout jeunes talents.

 

Dest en ouest

EDITIONS D'EST EN OUEST

A propos de l'éditeur :

Nos priorités :

- se consacrer aux auteurs contemporains afin de donner une chance aux jeunes auteurs et les faire découvrir au public français.

- créer des collections clairement définies (polar, fémina, nouvelles).

- donner une image moderne et actuelle du paysage japonais, en restant accessible à un lectorat hétérogène.

Nous avons créé cette maison d’édition pour permettre aux lecteurs francophones l’accès à la littérature japonaise contemporaine à travers des auteurs actuels et reconnus au Japon.

Pour retrouver l'actu, le catalogue et les librairies proposant ses auteurs, c'est simple! cliquez ici!

 

Rencontre avec l'éditrice Isabelle NISHIKAWA :

- Tout d’abord, comment allez-vous aujourd’hui ?

- je vais bien merci, mais j'ai mal au dos et j'ai une tendinite ^^

- Comment vOus adaptez-vous à ce nouveau confinement ?

- je m'adapte car il le faut. Je suis très triste que les librairies ne soient pas considérées comme essentielles, c'est assez fou pour moi de voir une librairie ouverte parce qu'elle vend des journaux et une autre fermée parce qu'elle n'en vend pas. 

J'ai quand même des contacts avec des librairies qui font de la vente sur commandes et qui restent ouvertes (papeterie) et donc j'ai pu faire quelques dépôts. Le plus difficile pour moi financièrement, ce sont les annulations d'événements. C'est lors de ces salons que je fais du chiffre net, le mois de novembre-décembre est important pour les ventes avec la période de Noël.

Je suis contente de voir que le livre est l'ami du confinement  : moins de temps dans les transports ou le shopping égale plus de temps pour lire !

- Avez-vous changé votre travail de manière pérenne ?

- Non, je n'ai pas changé de méthode de travail pour l'instant, je travaille beaucoup au dépôt (pour l'instant je le peux encore, mais peut être que les deux trimestres qui viennent vont être critiques) et pour les salons, je ne peux pas remplacer cette activité.... j'attends que l'événementiel reprenne... La différence réside peut-être dans le fait que je dois être plus présente sur les réseaux sociaux et mettre mon site plus en avant, chose que j'ai du mal à réaliser sans moyens.... On essaie.…

- Quel point positif garderez-vous de cette période ?

- Pas grand chose..... plus de temps pour lire peut-être ? et encore…

- Vous avez des liens privilégiés avec des auteurs japonais ; constatez-vous une différence d’appréhension de ce changement lié au virus ?

- Pour l'instant je ne vois pas de changement par rapport aux publications ... Il est probable que la littérature utilisera le thème de la pandémie au Japon, comme partout dans le monde (c'est déjà le cas en France). J'avoue que ce sujet ne m'attire pas et je privilégierai des thèmes ou des écritures très originales, différentes dans la fiction. Cependant, il ne faut jamais dire jamais !

 

Ruriko kishida

RURIKO KISHIDA

Née en 1961 à Kyoto, Ruriko KISHIDA est la fille d’un chercheur. Expatriée à Paris à l’âge de 13 ans, elle est diplômée de la faculté de sciences de Paris VII. Requiem à huis clos est son premier roman et se distingue tout de suite en remportant le prix Ayukawa Tetsuya qui lui vaut sa publication. Elle entretient une relation particulière avec la France, et publie en 2014 un livre intitulé : パリ症候群 愛と殺人のレシピ : Paris shôkôgun ai to satsujin no reshipi ("Le syndrôme Paris : recettes d’amour et de meurtre" pas de traduction française).

© Photo : Hiroyuki Matsukage

Le prix Ayukawa Tetsuya :

Grand romancier policier, Tetsuya AYUKAWA (1919-2002) était aussi un critique littéraire qui a remporté le prix Naoki en 1950. Ses principaux titres : Petrov Case (1950), The Black Suitcase (1956), Semi-Express Nagara (1966).Son éditeur, Tokyo Sogensha, a créé ce prix en 1990. Il récompense chaque année un premier auteur de roman policier original. La récompense est la publication de l’ouvrage gagnant.

- Tout d’abord, comment allez-vous aujourd’hui ?

Pendant 6 mois j'étais assez déprimée mais maintenant je vais mieux. Je me suis un peu habitué à cette maladie covid.

- Cette longue et étrange période a-t-elle eu des conséquences sur votre travail ?

La mort est devenue très proche de moi et je suis maintenant convaincue qu’on ne peut jamais prévoir l’avenir et en même temps je trouve vain de faire un plan de vie, de s’attacher trop a son ambition, d'être obsédé par l’argent.

Maintenant, ce qui est le plus important pour moi c’est la santé et les liens humains pour s’entraider.

- Paris va sans doute changer durablement : selon vous, cette période influencera-t-elle l’écriture, avez-vous des idées sur une fiction en lien avec l’actualité ?

Pour l’instant je n’ai pas d’idée sur une fiction en lien avec l’actualité, mais dans 5 ou 6 ans quand je serai plus calme et pourrai réfléchir objectivement sur ce qui se passe maintenant, j’écrirai peut-être sur cet événement qui a beaucoup influencé la mentalité des hommes. Oui Paris va changer sans doute mais on ne peut pas prévoir comment cette belle ville changera dans le futur. On a toujour la chance de voir la naissance d’une autre culture qu’on n' a jamais vu dans la domaine de l'écriture et de l’art.

- Le Japon vit différemment cette situation : selon vous, serez-vous la même auteure demain selon si vous viviez cette année au Japon ou en France ?

Je n’arrive pas à imaginer : si je vivais en France j’aurais été différente. Les virus existent dans le monde entier et on fait la même chose pour se protéger (confinement, masque, désinfection par alcool), même si la conjoncture économique est plus grave en France.

 - Les touristes japonais sont généralement très surpris du vrai visage de Paris et cela ne va pas s’améliorer… Selon vous Paris peut encore faire rêver au travers de romans réalistes ?

Les contaminations n’arrêtent pas d’augmenter en France, mais je trouve que Paris reste toujours une ville de rêve pour les Japonais. Comme Kyoto (où j’habite), c’est une ville où il y a beaucoup de beaux monuments historiques. C’est une ville de mode et de gourmets aussi. Je ne crois pas que toutes les belles choses de Paris seront gâtées par cet événement.

 - Pouvez-vous nous parler de vos projets ?

Jusqu’à présent j’écrivais des romans de suspens mais mon projet est d’écrire un roman dans lequel les personnages affrontent la mort plus réelle car c’est ce à quoi je pense toujours après la mort de ma mère il y a un an et après le covid.