JAFFREDO, Marie

Download 7

Autrice de bandes-dessinées (dessin, couleur et scénario), Marie Jaffredo est passée de l’urbanisme au dessin en 2000 avec l’envie de raconter des histoires. Ses premiers récits, des adaptations d’œuvres classiques (Maupassant, Grimm, etc.) et de chansons (Edith Piaf, Bourvil, etc.), sont édités par les éditions Petit à Petit (La Martinière).

En 2004 débute l’aventure des Démons de Marie, une série signée chez Carabas avec Michaël Le Galli au scénario. Une histoire forte et sombre.

Cependant l’écriture la chatouille. En 2008 elle scénarise et dessine Et si… un one-shot publié chez Vents d’Ouest. Un récit sensible et nostalgique se déroulant dans les coteaux du lyonnais durant les années 1960 et pour lequel elle reçoit de nombreux prix dont le prix Coup de Cœur et le prix du scénario à Chambéry.

Dans la foulée, ou presque, Marie sort un petit album de strips à La Fourmilière BD nommé les Pop Korn (2009), vision cocasse de sa petite famille.

2010, retour vers le polar avec un diptyque médiéval et sanglant au nom évocateur, Le Sang des Bâtisseurs (publié chez Vents d’Ouest, scénario de Michaël Le Galli). Récit dans la veine du Nom de la Rose ou des romans de Ken Follet se déroulant en plein XIIe siècle au cœur d’un chantier d’abbaye.

2014, après presque 3 années penchée sur la table à dessin, Marie sort Les Damnés de Paris, un roman graphique évoquant le Paris de la fin du XIXe siècle et mettant en scène 3 destins (publié chez Vents d’Ouest, scénario de Michaël Le Galli).

En 2015 parait Meurtre au Mont-Saint-Michel, dont le récit se situe dans les années 1930. Un huis-clos à la Agatha Christie en terre normande avec Jean-Blaise Djian (Les Quatre de Baker StreetLe Grand Mort...) au scénario (coédition Glénat/les éditions du Patrimoine).

En septembre 2017 sort, toujours chez Glénat, un album sur la passion entre Édouard Manet et Berthe Morisot (scénario de Le Galli).

Enfin, en septembre 2019, paraît Yuan, journal d’une adoption, un récit autobiographique tendre et sincère sur le parcours de l’adoption de sa fille ainée (scénario, dessin et couleur, publié chez Vents d’Ouest). (présentation éd. Glénat)

Retrouvez toute l'actualité de Marie Jaffredo sur son blog (cliquez ici)

Img 8282YUAN, JOURNAL D'UNE ADOPTION (Vents d'Ouest)

 

-          Pourquoi avez-vous décidé d’attendre tout ce temps pour raconter cette histoire, était-ce un projet de longue date ?

La raison principale était d’avoir l’accord de la première concernée avant de m’engager dans ce projet on ne peut plus personnel ! Et que cet accord soit celui d’une personne majeure. C’est donc logiquement que j’ai attendu sa majorité.

Img 8288

-          C’est un récit très personnel, une épreuve, mais beaucoup de retenue malgré tout, des illustrations et couleurs douces, chaudes. Quelles ont été vos difficultés pour faire cette bande dessinée ?

La difficulté majeure a été pour moi de savoir où placer le curseur, ou pour être plus claire, quelle part d’intimité allais-je offrir au lecteur ?  En effet dans ce récit très personnel par rapport à mes autres albums, je parle de mes ressentis, de mes angoisses, de mes questionnements alors que je suis quelqu’un de naturellement pudique dans la vie.

-          Vous évoquez la procédure d’adoption, côté belge avec plus de noirceur. Adopter était-il plus difficile à l’époque ?

Je ne sais pas bien. Je crois qu’en France ou en Belgique, il y a 20 ans ou maintenant, adopter reste un parcours du combattant affectivement et administrativement.

Img 8285Img 8286

-          La Chine des années 1990 était plus fermée aux étrangers ; qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans le quotidien, la vie chinoise de ces années ?

On avait l’impression de faire un bond en arrière de plusieurs dizaines d’années. Peu de voitures, pas de téléphones, des magasins vides, des chantiers sans machines, des vêtements d’un autre temps, pas de chauffage, des rues très sales. Tout ceci étant amplifié par un froid glacial. Par contre à aucun moment nous n’avons ressenti de misère.

-          On connait surtout vos récits plus ancrés dans la vie et l’histoire de France. Quelles étaient vos affinités, vision de la Chine avant votre premier voyage ?

J’avais depuis un moment déjà envie de changer d’horizon graphique !

Nous ne connaissions pas la Chine mais avions déjà voyagé en Asie à plusieurs reprises et c’était une région qui nous attirait particulièrement. Notre vision de la chine était essentiellement littéraire et cinématographique. D’où un certain choc à notre arrivée.

-          Comment a été perçue l’adoption de votre fille ici, comment a-t-elle vécu sa différence en grandissant ?

L’adoption a toujours été bien perçue ou alors je ne me suis aperçue de rien !! ;) Je crois qu’elle et nous ne vivons pas de « différence ».

-          Comment votre fille s’est-elle réapproprié ses origines, quels liens gardiez-vous avec ce pays  lorsqu’elle était plus jeune ?

Nous avons fait un voyage en famille en Chine pour les 18 ans de Margaux (voyage dont nous parlons dans l’album). Quelques années plus tard Margaux a passé son année Erasmus à Taiwan et en a profité pour visiter toute l’Asie du sud-est (ou presque). Mais elle a également visité l’Amérique du sud à la fin de ses études. Tous les pays du monde l’intéressent potentiellement.

-           Quelles étaient vos lectures d’enfant ?

Mes lectures d’enfant étaient surtout des BD : Astérix, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, Tintin, Philémon, les Petits Hommes, etc…. Et plus tard, les Passagers du Vent, Adèle Blanc Sec, Comanche, Valérian, la Foire aux Immortels etc…

-          Il y a peu d’auteures de BD : être femme a t-il été un frein pour vous faire connaitre dans ce milieu ?

Difficile à dire. On ne sait jamais si votre projet a été refusé parce que vous êtes une femme ou pour une autre raison !? Difficile également de savoir si les journalistes spé-bd ne parlent pas (ou rarement) de vous toujours pour la même raison ou parce que réellement ils n’apprécient pas votre travail… Aujourd’hui les femmes commencent à prendre leur place dans le monde de la BD et c’est très bien comme ça !

-          Pouvez-vous nous parler de vos projets ?

Je travaille actuellement sur un album dont l’action se déroule de nos jours au japon ! Il paraitra chez Glénat en 2022…

-          Un souvenir pour vous de la Chine pour…

une odeur ?

Les odeurs de cuisine dans les rues de Pékin…

un goût ?

Le goût délicat du canard laqué jamais retrouvé ici…

une couleur ?

Rouge, couleur omniprésente…

un son ?

Les gazouillis de Margaux…