BLAIN, Ewen

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Ewen Blain est né à Orléans en 1981. Nourri aux bandes dessinées dès son plus jeune âge par son père passionné, il se dit que devenir un jour dessinateur serait une belle idée.  Le voici aujourd’hui illustrateur de romans, albums, jeux, et autres documentaires pour les enfants, il dessine (presque) tous les jours et cela le rend heureux. (prés. Lisez.com)

Ewen Blain est un illustrateur que les jeunes lecteurs connaissent bien, illustrant de nombreuses publications. Il collabore avec Fabien GROLLEAU, scénariste, pour la bande dessinée : "NAOTO, LE GARDIEN DE FUKUSHIMA" aux éditions Steinkis. Une histoire marquante, où nous suivons un homme décidé à retourner chez lui, sur les lieux du drame, dans l'espoir que la nature reprenne ses droits. F Grolleau et E Blain nous font ressentir les émotions, la beauté de la nature, l'âme du Japon pour transcender toute l'horreur de la tragédie.

L'histoire : Japon, 11 mars 2011. Un tremblement de terre déclenche un tsunami, qui cause, par des réactions en chaîne, la fusion du coeur de trois réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Une catastrophe de l'ampleur de celle de Tchernobyl.
Comme tous les habitants de la région, Naoto Matsumura est évacué. Mais ce fermier ne peut se résoudre à abandonner la ferme où sa famille vit depuis cinq générations... et ses bêtes. Prêt à tout pour sauver une vie, fut-elle animale, il retourne chez lui, en pleine zone interdite.

Sa bibliographie, son actualité... à suivre ici! (cliquez ici)

- Comment êtes-vous venu à l’illustration ?

J’ai suivi des études de graphisme, pensant à cette époque que cela était plus raisonnable que de faire de la bande-dessinée ou de l’illustration, ce dont je rêvais.

Une fois mon diplôme en poche, j’ai vite compris qu’être graphiste ne me plaisait pas trop. J’ai finalement directement démarché les éditeurs pour tenter ma chance avec le dessin sans passer par la case graphisme.

 

- Quelles sont les BD, lectures de votre enfance ?

Comme beaucoup, j’ai été nourri par Astérix, tintin, lucky Luke et les grands classiques de la bd franco-belge. Mais aussi comme beaucoup d’enfants de ma génération (je suis né en 1981), les animes japonais ont fait partis de mon imaginaire, ceci avant l’arrivée des manges papiers, j’étais alors ado.

 

- Vous travaillez pour l’édition jeunesse : pourquoi les jeunes lecteurs ?

Ce n’était pas forcément un choix volontaire à la base, mais finalement cela collait bien à mon dessin et à mon caractère.

J’ai un trait assez rond et délicat, des couleurs assez douces, je me suis donc naturellement adapté à la littérature jeunesse.

 

- De nombreux éditeurs vous ont publié : comment travaillez-vous avec eux ?

La plupart du temps, un éditeur me soumet un texte qu’il pense que je pourrais illustrer, avec une maquette déjà prête où des emplacement libres seront dédiés aux illustrations.

En fonction des éditeurs cela diffère, parfois j’ai quelques directives quand au dessin à faire, parfois je dispose d’une totale liberté.

 

- Quelles sont les techniques d’illustrations que vous utilisez ?

L’essentiel de mon travail de dessin se fait au crayon à papier sur feuille simple, puis je passe à la colorisation sur ordinateur. 

Parfois, il m’arrive de travailler certaines illustrations aux crayons de couleurs intégralement.

Depuis quelques années, je travaille de plus en plus régulièrement entièrement sur tablette graphique, notamment pour un gain de temps, mais aussi et surtout parce que ces outils sont de plus en plus flexible et leur rendu se rapproche fortement de ce que je pourrais dessiner si je n’étais que sur du papier en traditionnel.

 

- Vous illustrez « Naoto, le gardien de Fukushima » : comment est né ce projet ? Comment avez-vous travaillé avec l’auteur ?

Fabien Grolleau, le scénariste de Naoto, avait lu il y a longtemps un article d’Antonio Pagnotta à propos de Naoto dans Mediapart, interpellé il s’est emparé de ce combat pour écrire une bd.

Quelques temps après j’ai contacté Fabien car j’aimais son travail et j’avais envie de travailler avec lui. 

En discutant, il a vite compris que j’avais une certaine attirance pour le Japon, il m’a donc proposé l’histoire de Naoto.

Nous avons donc travaillé ensemble sur un dossier de présentation pour les éditeurs et Steinkis a très vite montré de l’intérêt pour le projet.

Plus concrètement, une fois la bd acceptée, Fabien me proposait un découpage précis sous forme d'esquisse de ce qu’il avait en tête et je m’attelais à réaliser les pages. 

Nous discutions ensemble de ses intentions et de ce que mon dessin pouvait apporter, afin que nos deux univers soient cohérents. 

 

- Vous nous faites vivre cette tragédie avec beaucoup d’émotions, sans confronter le lecteur à des scènes d’horreur, et au final, à faire passer l’essentiel de l’histoire. Comment avez-vous travaillé sur ce délicat et récent drame ?

Je pense que la sensibilité de Fabien et la mienne fait que nous n’avions pas envie de montrer l’horreur que représente Fukushima de manière frontale, crue. 

Plus concrètement, cela n’aurait pas collé avec ma manière de dessiner, je n’aurais pas été capable de retranscrire l’atmosphère terrible et pesante de la catastrophe.

Pour autant il y a avait cette histoire de Naoto, débordante d’humanisme, et nous voulions la raconter.

Il a donc fallu utiliser des subterfuges, des passerelles pour dépasser toute l’horreur de la situation, sans pour autant l’effacer ou l'amoindrir. 

C’est là tout le talent de Fabien qui a su doser très bien les différentes composantes de cette histoire, notamment grâce à l’utilisation de contes traditionnels japonais et à l’apparition de Yokaïs, qui deviennent des figures tutélaires permettant de faire passer beaucoup de choses avec énormément de sensibilité.

 

- Connaissez-vous le Japon ? Quelles sont vos affinités avec ce pays, ce que vous aimez dans cette culture ?

Pour ma part je suis allé une fois au Japon en 2017 et j’en garde un souvenir très puissant. C’est un voyage que j’attendais depuis longtemps. 

Comme beaucoup de gens de ma génération, le Japon, même très lointain, est très familier, ceci grâce à l’imaginaire déployé dans les dessins-animé, mangas et jeux vidéos qui m’ont accompagné plus jeune.

Jeune adulte, je me suis intéressé au cinéma, Kitano, Kurosawa, Miyazaki etc, et à la littérature, Mishima, Murakami, etc ... J’ai même par la suite débuté l’apprentissage de la langue !

 

- Pouvez-vous nous parler de vos projets ?

Après ce léger pas de coté vers la bd, je reviens à mes fondamentaux, ou presque, puisque je suis déjà sur une nouvelle bd, mais jeunesse cette fois-ci, en collaboration avec Benoît Broyart au scénario. C’est l’histoire d’une jeune fille qui voyage à travers le monde fin XIXème pour collecter des essences de peur et les rassembler dans une mystérieuse encyclopédie ! Le premier tome devrait paraître en fin d’année 2021, à suivre ...