NIOK L'ELEPHANTEAU

"NIOK L'ELEPHANTEAU"  d'après le film de Edmond SECHAN Ed. Hachette, 1957

 

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Niok vivait paisible dans la grande forêt avec son père et sa mère. Il était heureux comme peut l'être un petit éléphant vivant en liberté avec ses parents.

Pauvre petit Niok, il ne se doutait pas que cette vie tranquille allait être bouleversée.

En effet, venant du village voisin, des chasseurs rôdaient dans les parages. Ils suivaient depuis plusieurs heures la trace des éléphants et s'approchaient tout doucement pour en tuer un. Arrivés près du but, ils firent reculer les enfants qui les accompagnaient.

Parmi ces enfants, il y avait un petit garçon nommé Ayot. 

Ayot se demandait : "Pourquoi ne lasse t-on pas les éléphants tranquilles, pourquoi leur faire du mal?"

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Ayot avait bien envie de crier : "Sauvez-vous! Sinon vous êtes perdus!"

Mais il n'eut pas le temps de donner l'alarme aux éléphants.

Un chaseur, moins adroit que les autres, s'était pris le pied dans une racine et, en tombant, il pressa par mégarde sur la détente de son fusil.

Ce fut un beau tintamarre! En entendant la détonation du fusil, le père et la mère de Niok poussèrent de terribles barrissements et prirent la fuite.

Les chasseurs abandonnèrent les enfants et se lancèrent à la poursuite des éléphants.

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Ayot avait un regard perçant. A travers les branches il avait vu les éléphants se sauver. Il se demandait ce qu'était devenu l'éléphanteau qui gambadait autour d'eux un moment auparavant.

Il ne fallut à Ayot que quelques secondes pour se hisser sur le tronc d'un arbre mort.

De cet observatoire, il scruta les environs.

Niok avait perdu ses parents dan leur fuite et courait aussi vite que ses grosses jambes courtes le lui permettaient.

Il pensait pouvoir aller se cacher dans les ruines d'un temple envahi par la forêt où ses parents le menaient faire la sieste les jours de grosse chaleur.

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Ayot vit au loin une petite silhouette toute ronde qui galopait maladroitement vers le vieux temple.

Il pensa que cet éléphanteau était bien petit et qu'il serait facile de le capturer avec l'aide de ses amis en lui passant une grosse liane autour du cou.

"Venez! dit Ayot à ses amis, il faut que nous le rattrapions."

Ce temple était un dédale de galeries dont certaines bien éclairées et les autres sombres comme la nuit.

Ayot, qui était bien plus malin que les autres, décida que les enfants devaient se séparer ne deux groupes pour mieux capturer Niok.

Ceux qui avaient peur du noir se mirent en embuscade à la sortie des galeries, et les autre qui étaient plus courageux parcoururent les couloirs sombres en poussant de grands cris pour faire peur à Niok et l'obliger à sortir de sa cachette.

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Ayot courait de galerie en galerie et il commençait à se demander s'il retrouverait jamais le petit Niok.

Dans une salle très sombre, il s'arrêta. Il y avait là un bouddha en pierre qui semblait dormir.

Ayot le salua avec respect et murmura ; "Seigneur Bouddha, fais que nous puissions attraper facilement ce petit éléphant. Je voudrais l'amener au village pour jouer avec lui sans lui faire de mal!"

Affolé par les cris des enfants qui résonnaient dans les galeries, Niok déboucha sur la terrasse su temple. Il fut aussitôt saisi par la trompe et ligoté par une grosse liane qui l'étranglait à moitié. Il se débattait de toutes ses forces, mais les enfants étaient nombreux.

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Niok pesait plus de cent kilos mais il était trop jeune pour résister à tous ces enfants qui le poussiant et le tiraient.

Vaincu, il se laissa entrainer vers le village.

Arrivés devant la case d'Ayot, les enfants attachèrent Niok avec une énorme corde qui lui entraait les pattes de devant.

Ils lui passèrent aussi autour du cou une cloche de bambou que l'on met habituellement aux buffles domestiques.

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Les enfants pensèrent que, pour bien apprivoiser Niok, il fallait lui donner à manger otut de suite. Ils partirent vers la forêt lui cueillir des herbes fraiches et des pousses de bambou.

Mais Niok ne pouvait pas manger de ces choses là. Il n'avait pas de dents, ne savait pas se servir de sa trompe et était habitué à boire seulement le lait de sa maman.

Ayot pensa alors à li faire une pleine marmite de bonne soupe de riz et de bananes cuites dans du lait de noix de coco.

Mais le riz, les bananes et les noix de coco ne poussent pas dans la forêt, et, pas très fier de lui, Ayot alla en chiper aux gens du village.

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Les enfnats se dispersèrent et revinrent au bout d'un mment avec ce qu'il fallait pour faire la soupe de Niok.

Le tout fut vite cuit sur un grand feu.

Niok avait toujours grand peur des enfants et il fallait le forcer à manger la première bouchée.

Après avoir goûté, Niok se décida à manger tout le contenu de la marmite qu'Ayot lui faisait avaler avec une grande louche en bois.

Lorsqu'il fut rassasié, il se montra si doux et si calme qu'on le détacha.

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Niok trouva même cette soupe tellement bonne qu'à partir de ce jour il en réclamait tout le temps en poussant de petits barrissements.

Ayot et ses amis étaient obligés de trouver chaque jour de quoi faire la soupe de Niok, et plusieurs enfants ne voulurent plus s'occuper de lui.

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Le chef du village, qui avait surpris plusieurs fois de suite les enfants dans les plantations, n'était pas content du tout!

Il ne voulait pas qu'on élevât un petit éléphant avec la nourriture des gens du village et il avait prévenu les habitants de ce qui se passait.

Au bout de quelques temps, les enfants du village ne s'intéresèrent plus du tout à Niok.

Ayot resta son seul ami.

Le petit éléphant était pour Ayot un compagnon de tous les instants, un compagnon silencieux et attentif.

Quand Ayot était assis à l'ombre, occupé à faire despaniers et à arranger des pièges à poissons, il ne manquait jamais de voir Niok apparaitre. Niok tendait sa trompe. Ayot le caressait doucement.

C'était leur manièrede se donner une poignée de main.

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Niok passait les nuits dans la case des parents d'Ayot. Bien sûr! Plus tard, lorsqu'il serait grand, ce ne serait plus possible. Mais Ayot espérait que Niok ne grandirait jmais.

Dès le matin, lorsqu'il se levait, il trouvait Niok qui l'attendait devant la porte de la case et sui semblait lui demander ;

"Alors, à quoi joue t-on aujourd'hui?"

A l'heure de la sieste, Ayot et Niok s'installaient à l'ombre d'un arbre. Ayot jouait quelques airs sur un violon de bambou. Niok s'endormait. La musique lui faisait faire de jolis rêves.

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Tous les jours, Ayot menait l'éléphant prendre son bain dans un lac près du village.

La première fois, Niok regarda l'eau avec crainte. Ayot plongea dans le lac pour lui donner du courage.

Voyant que Ayot s'amusait bien dans l'eau, Niok se décida à le rejoindre.

Ils nagèrent ensemble et Ayot riait beaucop de voir Niok si lourdeau se débattre dans l'eau.

Après tous ces jeux, Ayot qui avait aporté un gros savon commença à frotter Niok.

Niok n'avait jamais vu de savon mais il s'aperçut vite qu'il est facile et amusant de faire des bulles avec sa trompe.

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Hélas! pendant que ses deux amis menaient ensemble ue vie heureuse, certains dangers commençaient à les menacer.

Au village, on trouvait Niok bien encombrant. Il n'était pas méchant, non mais il inquiétait les habitants. Pourquoi par exemple, cherchait-il à renverser les marmites avec sa trompe et ébranlait-il les cases en se grattant contre les pilotis?

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On profita d'un moment où Ayot et Niok faisaient la sieste.

Ce jour-là, le village avait reçu la visite d'un négociant chinois. Il achetait tout ce qu'on lui proposait, des défenses d'éléphant, des peaux et des cornes de buffle et aussi des animaux vivants qu'il revendait à des cirques.

Le père d'Ayot n'était pas un méchant homme, mais il était très pauvre. Il ne pouvait pas continuer à laisser Ayot nourrir Niok qui mangeait comme quatre. Et puis ses voisins étaient fatigués des bêtises de Niok.

Il réveilla Ayot et lui dit :

"Je n'ai pas le temps d'aller aujourd'hui à la rizière, vas-y et empêche les buffles de manger les jeunes pommes de riz."

Ayot, sans méfiance, alla garder les buffles. Alors, après une longue discussion, son père vendit Niok au chinois.

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Ce ne fut pas une petite affaire que de capturer Niok. Lorsqu'il comprit ce qu'on lui voulait, il se débattit comme un beau diable. Mais le chinois connaissait l'art de maitriser les animaux les plus forts.Il réussit à faire entrer Niok dans une cage solide et quitta le village content de son achat.

En voyant s'éloigner la caravane, le père d'Ayot eut un remords d'avoir trahi son fils.

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La caravane chemina longtemps à ravers la forêt.

Dans sa cage, le petit Niok gémissait de chagrin.

Enfin, les porteurs ateignirent un village de pêcheurs au bord d'un large fleuve. Le chinois paya ses porteurs, puis fit sortir Niok de sa cage et le poussa dans un enclos.

La première étape du voyage était terminée, et Niok se demandait ce qu'il allait faire de lui.

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A son retour au village, Ayot s'aperçut de la disparition de son ami et dmanda à tout le monde ce qui s'était passé.

Une vieille femme lui dit que Niok avait été vendu à un marchand d'animaux qui l'avait emporté dans une grande cage.

Très malheureux, Ayot décida de se lancer à la poursuite du chinois pour retrouver son ami.

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Tout au long du chemin il demandait aux personnes qu'il rencontrait : 

"Avez-vous vu un marchand chinois et sa caravane transportant un petit éléphant dans une grande cage de bambou?"

Il arriva au village du bord du fleuve et demanda à un homme s'il avait vu Niok. L'homme lui montra au loin une grande jonque sur laquelle avaient été chargés tous les animaux.

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Ayot pensa alors qu'il ne reverrait plus jamais son ami et que, par sa faute, Niok allait passer toute sa vie enfermé dans un cirque. 

Il crut que son courage allait l'abandonner.

Il se sentait si seul dans ce village où il ne connaissait personne! Que faire?

Indécis et désespéré, Ayot se mit à errer sur la rive du fleuve. Si encore il avait disposé d'une embarcation! Mais il n'y avait là que de lourdes barques dont il ne pouvait pas soulever les avirons.

Il erra longtemps. Les pêcheurs le regardaient avec curiosité, se demandant qui pouvait bien ce petit garçon au regard si triste.

Comme Ayot avait atteint l'extrimité du village, il tomba tout à coup en arrêt devant une minuscule pirogue abandonnée. C'était exactement ce qu'il lui fallait!

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Ayot n'hésita pas, il sauta dans la pirogue. Il se saisit d'une perche de bambou, la plongea dans l'eau et poussa de toutes ses forces pour essayer de rattraper la jonque.

Il ne savait pas au juste ce qu'il allait faire, mais il était décidé à tenter n'importe quoi pour que Niok retrouvât la liberté.

Il se disait : "C'est un peu de ma faute si ce petit éléphant est enfermé dans une cage." Il ne voulait pas que Niok fut prisonnier toute sa vie.

Lorsque la nuit tomba et qu'il ne fut plus possible de naviguer, le chinois fit amarrer la jonque à la rive.

Ses bateliers préparèrent un bon repas et ils burent beaucoup d'alcool de riz en fumant la pipe.

Ayot, qui s'était approché doucement de la jonque, se hissa sur le pont désert. A travers la fente d'une tenture, il surveillait les hommes. Il attendit longtemps, lorsque le chinois et les bateliers furent endormis, il se mit à la recherche de Niok. Le petit éléphant était attaché dans le coin le plus sombre du bateau. Ayot le détacha et, sans bruit, le coeur battant, en empreintant une fragile passerelle, il le conduit vers la rive.

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Ayot était très heureux d'avoir réussi. Niok était libre et ne connaitrait jamais l'esclavage.

Les deux amis ne s'attardèrent pas au voisinage de la jonque et se mirent rapidement en marche dans la nuit.

Ayot, comme presque tous les petits garçons de son pays, savait bien se diriger, même dans une région qu'il voyait pour la première fois.

Ils marchèrent toute la nuit, mais le lendemain matin ils étaient encore très loin du village.

Ayot avait choisi le chemin le plus courtmais non le plus facile. La région où cheminaient les deux amis était brûlée par le soleil et presque désertique. Il n'y avait pas un arbre portant des fruits ni le moindre cours d'eau pour se désaltérer.

Ils commençaient à se demander s'ils auraient la force, dans ces conditions, de regagner le village.

Ayot allait en tête.

Niok le sivait docilement, mais il marchait de plus en plus lentement tellement il était fatigué.

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Niok était si fatigué que souvent il s'arrêtait sans pouvoir aller plus loin. Il était un tout petit éléphant, et les aventures de ces derniers jours lui avaient causé trop d'émotions.

Alors Ayot s'asseyait près de lui et le caressait. Il lui enlevait délicatement les cailloux et les épines qui s'étaient enfoncées dans la plante de ses pieds et le gênaient pour marcher.

Puis, pou lui donner du courage, il lui murmurait à l'oreille des paroles affectueuses.

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Heureusement, à la fin de la journée, les deux voyageurs rencontrèrent des paysans charitables.

"Puisque ton petit éléphant est si fatigué, dirent-ils à Ayot, fais-le monter dans notre charrette."

C'est ainsi que Niok termina le voyage confortablement. Ayot marchait à pied. Mais Niok avait si peur de le perdre qu'il lui avait pris la mains dans sa trompe etne le lâchait plus.

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Pendant le voyage, Ayot avait eu le temps de réfléchir.

Avait-il le droit de garder Niok? Car, en fin de compte, Niok ne lui appartenait pas. Le petit éléphant avait des parents qui souffraient de sa disparition. De plus, par sa faute, Niok avait bien failli être vendu dans un cirque.

Aussi, peu avant d'arriver au village, Ayot pris une grande décision. Il rendrait la liberté à Niok.

Ayot était né dans la forêt et connaissait bien la vie des animaux. Il savait que les parents de Niok étaient toujours restés dans les parages de l'endroit où leur petit avait disparu.

Parfois, la nuit, les habitants des villages voisins entendaient les barrissements déchirants. Ils croyaient que ces barrissements étaient poussés par des éléphants de passage.

En réalité, c'étaient les parents de iok qui se lamentaient.

"Rendez-nous notre petit, semblaient-ils dre. Il ne faisait de mal à personne."

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Ayot avit pris une décision qui lui coûtait beaucoup.

Il était résolu à faire tout ce qui était son possible pour rendre la liberté à Niok.

Au lieu de regagner le village de ses parents, il fit un large détour dans la forêt et, toujours suivi de Niok, il se dirigea vers le vieux temple en ruine.

Soudain, les barrissements éclatèrent au loin. Le petit éléphant dressa l'oreille.

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Jusque là, Niok avait marché lentement. En entendant les barrissements, il se mit à marcher plus vite. Il rejoignit Ayot. Il avait reconnu le vieux temple en ruine. Mais il avait aussi reconnu la voix des siens.

Ayot conduisit Niok, à travers les galeries du temple, vers la porte qui donnait directement sur la forêt.

Comme le petit éléphant semblait pressé de retrouver ses parents!

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Niok piétinait sur place, tant il était joyeux.

Lorsqu'il atteignit la porte donnant sur la forêt, il ne se contint plus. Et, quand Ayot lui eut enlevé à grand-peine sa clochette de bambou, il partit comme une flèche. Il faillit même bousculer un prêtre bouddhiste qui priait sur les marches du temple.

Ayot s'était sincèrement attaché au petit Niok? En le regardant courir ainsi à la rencontre de son père et de sa mère, il éprouva un serrement de coeur.

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Niok avait disparu depuis longtemps dans la forêt, et Ayot demeurait immobile sur les marches du templs.

Il était triste et découragé d'avoir perdu son seul ami et serrait dans ses mains la cloche de bambou de Niok.

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Ayot ne se doutait pas de ce qui se passait là-bas dans une clairière. Niok arrivant au galop s'était jeté entre les pattes pissantes de ses parents. Il se roulait dans l'herbe sous la caresse de leurs trompes. Comme ils étaient contents, papa et maman éléphant!

Ils firent enfin demi tour et entrainèrnt Niok dans les profondeurs de la forêt. En s'éloignant, ils se mirrent à barrir avec plus de force encore qu'auparavant.

En entendant ce concert auxquels se melaient les cris joyeux de liberté de Niok, Ayot retrouva son sourire. Il se félécita d'avoir rendu la liberté à son ami. Car, il le savait maintenant, le petit éléphant n'aurait jamais été vraiment heureux parmi les hommes.

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