chine-des-enfants L'Asie dans les livres pour enfant et la BD

PASSEURS D'ASIE

FADJONG (Stéphanie Ollivier éditrice) est une jeune maison d'édition consacrée à l'Asie ; après une première collection "MA VIE EN CHINE" proposant de faire découvrir la Chine contemporaine aux jeunes lecteurs, "PASSEURS D'ASIE" a pour but de faire (re)découvrir les femmes et les hommes qui ont participé à mieux faire connaitre l'Asie aux jeunes francophones. 

Le premier titre retrace la vie d'Henri Cernuschi. Un homme un peu oublié et pourtant, sa collection d'objets a été pour nombre de curieux un premier contact avec l'Asie, facilement accessible tant par sa mise en valeur que son accès, à Paris, gratuit pour tous.

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Rencontre avec l'éditrice Stéphanie Ollivier

1 - Comment est née cette collection, pourquoi cette idée de "passeurs d'Asie" ?

Un peu par hasard. Lors de la visite d’une exposition temporaire au musée Cernuschi il y a quelques années, j’ai découvert l’étonnante personnalité du fondateur de ce musée, Henri Cernuschi. J’ai en même temps réalisé à quel point il est méconnu du grand public en France. En y repensant plus tard, j’ai fait un parallèle avec Émile Guimet ou Albert Khan, les fondateurs d’autres musées très respectés des gens qui s’intéressent aux cultures asiatiques. De fil en aiguille, j’ai pensé à d’autres personnalités dont le nom est lié à l’Asie, le plus souvent à travers leurs œuvres littéraires, et qui sont parfois familiers des adultes mais pas du jeune public, celui auquel ma maison d’édition s’adresse. Tous ces personnages ont en commun d’avoir eu des vies passionnantes, et une ouverture d’esprit que je trouve inspirante pour des jeunes lecteurs d’aujourd’hui, dans un monde où les frontières physiques et mentales semblent plutôt se refermer. Comme le premier objectif de Fadjong est de familiariser les jeunes francophones avec l’Asie, l’idée d’une collection autour de ces « passeurs » historiques s’est tranquillement imposée. Sauf qu’au lieu des biographies linéaires envisagées au tout départ, chaque volume fera découvrir un personnage et un pays d’Asie via un court récit de docu-fiction, ce qui me semblait plus attractif pour la tranche d’âge visée (10-14 ans).

2 - Pourquoi ce choix de Cernuschi en premier titre ?

Avant tout pour rendre à Henri Cernuschi ce qui lui appartient, puisque que c’est en découvrant son existence dans le musée qu’il a transmis que l’idée de cette collection a germé. Mais également parce que, parmi les « passeurs » de connaissances sur l’Asie auxquels j’espère pouvoir consacrer un titre, Cernuschi est, je crois, le plus méconnu, ce qui est assez injuste car il a tout du héros de roman !

3 - Quelles personnes aimeriez-vous faire connaître en particulier, les prochains titres sont-ils déjà en cours d'écriture ?

J’ai pour le moment pensé à une petite dizaine de personnalités qui ont séjourné dans un ou plusieurs pays d’Asie entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle, quand cette région du monde était encore difficile d’accès. Les fondateurs des principaux musées d’arts asiatiques (Cernuschi, Guimet, Khan) étaient des personnalités évidentes. D’autres comme Victor Segalen ou Pierre Loti se sont retrouvées en Asie par le hasard de leur carrière (médecin militaire pour le premier, officier de marine pour le second), mais les cultures asiatiques leur ont inspiré des poèmes ou romans célèbres qui ont encore une résonnance de nos jours. D’autres encore, tels qu’Alexandra David-Néel, Ella Maillard ou Nicolas Bouvier, étaient des « voyageurs-aventuriers », dont les écrits ou les images ont, eux aussi, durablement marqué les Européens. Cette liste peut encore évoluer, mais une certitude : le second titre de la collection suivra Émile Guimet en Inde, et l’écriture du texte est déjà très avancée. D’autre part., avec Séverine Thibaut et Geneviève Clastres, les deux autrices de la collection, nous aimerions que le titre suivant soit consacré à une femme…

4 - Pour cette nouvelle collection, quels sont les obstacles, difficultés contraintes que vous avez rencontré ?

Le format « récit de voyage illustré dans le Japon du XIXe siècle » était un exercice nouveau pour l’équipe éditoriale : l’autrice et moi-même sommes plus familières de sujets contemporains, et l’illustratrice vient du monde de l’animation. Le format « docu-fiction » impliquait aussi un important travail de vérifications factuelles, pour le texte comme pour les illustrations. Mais le processus de création du premier titre – maquette comprise – a été très stimulant et nous sommes tous, je crois, fiers du résultat. La principale difficulté maintenant sera de faire connaître ce premier volume et les suivants auprès des professionnels du livre, et bien sûr des lecteurs. Pour une jeune maison d’édition traitant (objectivement) de sujets de niche comme le fait Fadjong, le travail de promotion est donc un vaste chantier. Une collaboration avec la librairie de certains musées parisiens aiderait probablement à accélérer la visibilité de la collection, mais ce n’est malheureusement pas encore d’actualité.

5 - L'Asie devient plus accessible mais évolue aussi très vite : si vous étiez à la place de Cernuschi en 2026, quel(s) objet(s) aimeriez-vous faire mieux connaître en France ?

Les emballages dans lesquels sont aujourd’hui proposés les thés chinois ! Je trouve que ces emballages sont chaque année plus esthétiques et créatifs en termes de formes, de couleurs, de matériaux utilisés (papiers d’artisans, pots en bambou…) ou d’effets graphiques, comme ces petites boîtes qui forment un tableau à l’intérieur d’une grande boîte.

"Ma vie en Chine", "Passeurs d'Asie" sont deux collections dont les titres sont disponibles en librairie! 

les éditions Fadjong (cliquez ici!)