Nicole, sans papiers, lectrice

"Chine des enfants" s'est invité dans une PMI fréquentée par de nombreux enfants chinois...

LES P.M.I. : Protection maternelle et infantile...lieu d'accueil, d'écoute et de soins pour les petits, les parents. Souvent, c'est la seule consultation médicale que bébé fera : parents issus de l'immigartion, avec ou sans papiers, souvent isolés, en difficulté. La consultation est gratuite, médecins, pédopsychiatres, ortophonistes...tous les professionnels de la petite enfance essayent de rassurer, aider les parents. L'essentiel est que le bébé soit en bonne santé et puisse avoir une chance de bien débuter das sa nouvelle vie, à Paris. La salle d'attente ne désemplie pas. Avec ou sans rendez-vous...

LECTRICE : UN METIER... Dans la salle d'attente, les parents, inquiets, un peu perdus, ou heureux de sortir de leur isolement, tous avec un mode de vie très différent, attendent leur tour. Les enfants, eux, font connaissance, se sociabilisent. Parmi eux, assise par terre, une jeune femme, sourire aux lèvres, entourée de livres et de jeux. Elle fait parti de l'association "LIRE A PARIS", une association qui lutte contre l'illetrisme et l'exclusion. Elle a disposé des livres dans un désordre bien pensé à trois endroits différents de la salle d'attente. Souvent, un enfant prend un livre, le regarde ou se dépêche de l'apporter à sa maman ou papa. Parfois le montre à la lectrice ou inversement. Elle est présente, essaye de provoquer un moment de lecture, d'échange, mais jamais brusquement, toujours discrètement et avec l'assentiment du parent qui doit être complice. Mais la langue est souvnet l'achoppement des rencontres. Parent méfiant, ne comprenant pas le rôle de la lectrice, refusant tout contact. Il lui faut quelques fois plusieurs rendez-vous pour se familiariser avec la lectrice.

Pour se faire comprendre rapidement, elle ouvre un livre face aux enfants ou parents et chante une comptine. Quelquefois, l'enfant écoute de loin l'histoire racontée puis, un peu plus tard, s'accapare l'ouvrage et raconte -mot pour mot- le livre à son parent. La lectrice tente aussi de proposer au papa ou à la maman de montrer un livre à son enfant assis sur les genoux. Momnet délicat car le parent ne doit pas se sentir obligé, agressé...Lorsque le parent est en confiance, la langue n'est plus une barrière. Le livre -souvent sans ou avec peu de texte- peut se raconter dans toutes les langues. Tandis qu'une maman africaine rigole à la lecture de son fils, un papa chinois pointe une image du doigt, très sérieusement en ennoncant le mot -en chinois- à sa fille qui doit le répéter...Le livre n'a pas la même fonction dans les différentes communautés...

ATELIERS

La lectrice participe parfois à des ateliers proposés par la P.M.I.... Dans le centre visité, il en existe deux : un atelier d'éveil où des jeux sont proposés aux enfants. Les parents et leurs enfants apprennent à se siociabiliser, à mieux s'exprimer...L'autre consiste à proposer des jeux d'éveils aux bébés. Une éducatrice, une ortophoniste et un médeicn participent aux ateliers.

PARENTS CHINOIS...

Dans cette PMI du Xème arrondissement, la consultation est ouverte à tous mais il y a beaucoup de parents chinois. Nombreux sont ceux qui ont ouvert une boutique de textile en gros dans ce secteur. Il a fallu faire une permanence avec un medecin chinois qui peut ainsi communiquer avec les parents. Car ceux-ci sont inquits. Souvent sans papiers, ils viennent consulte et parfois c'est le sul contact qu'ils ont avec une autorité française.

Ici, on leur demande juste le prénom de l'enfant et l'on essaye d'avoir un maximum de renseignements sur leur santé : le plus souvent c'est le seul examen médical que l'enfant aura.

Constats inquiétants...Les parents vivent dans des conditions plus difficiles...Mis à part tous les problèmes liés que nous connaissons, les médecins constatent de nouveaux problèmes bien plus graves. Les parents chinois autrefois travaillaient souvent dans des ateliers, enmenant leurs enfants avec eux ou du moins, sortant de chez eux...Avec le renforcement des contrôles, le travail de coûture est apporté directement chez ls parents et les enfants ne sortent plus de chez eux. Les enfants ont ainsi de moins en moins de repères, d'autorité, de moments de sociabilité...

Un matin, c'est Nicole qui arrive avec son papa. Brefs échanges avec le personnel qui essaye de demander le prénom de l'enfant. C'est déjà un problème... Le papa, fier, répond "Nicole". Le problème est qu'en chinois pour une affirmation en fin de phrase l'on ajoute un caractère se prononçant "A" et le personnel comprend "NICOLAS". Faisant répéter, ils lui disent que Nicolas est un prénom de garçon et le papa dit encore "NICOLE" "A"... Après une explication, le papa attend son tour dns la salle. Il regarde avec méfiance la lectrice. Il lui faudra d'ailleurs une seconde consultation pour qu'il laisse sa fille approcher le tapis de livres à quattre pattes. Au préalable, il me faudra aussi discuter avec la lectrice pour retirer certains livres... Le problème étant que certaines bibliothèques conservent de vieux titres des éditions en langues étrangères à caractère de propagande!

La petite Nicole n'approche pas de suite le tapis. La lectrice tente de s'approcher. Elle ouvre un livre devant la petite fille assise sur les genoux du papa. La lectrice raconte l'histoire puis retourne vers le tapis. Après quelques minutes Nicole se rend au tapis non sans mal puis prend le livre qu'elle a vu et l'apporte à son papa. Celui-ci aide Nicole à tenir le livre. Elle raconte dans son langage l'histoire qu'elle voit dans le livre puis tend le livre à son papa qui à son tour lira l'histoire... Depuis, Nicole est revenue une fois et s'est précipitée sur les livres.