LE REVE D'UNE FILLETTE PARESSE

CHEN Jong-Ken "LE REVE D'UNE FILLETTE PARESSEUSE" Ill. Han Wou Ed. en langues étrangères, 1962 (1ère éd. 1958)

Ce samedi matin, c'est la dernière heure de classe. L'instituteur Wang a donné aux écoliers des exercices de calcul. Fanfan est une bonne élève ; son crayon court sur le papier et, en moins de vingt minutes, ses cinq problèmes sont finis.

Fanfan terminait toujours ses devoirs la première et avait toujours les meilleures notes. Après avoir remis son cahier au maître, elle voit ses camarades encore plongés dans leur travail.

Revenant vers sa place, elle met le nez à la fenêtre et aperçoit dans le jardin des abeilles butinant de fleur en fleur

Ding! dong! ding! dong! L'heure a sonné. Fanfan le cartable au dos, se hâte pour rentrer vhez elle. Mais à la porte KinKin l'arrête et lui rappelle que c'est leur tour de balayer la classe.

Mais... si Fanfan apprenait de bon coeur en classe, elle n'aimait pas du tout le travail physique. Aussi fait-elle le nettoyage à la hâte, et s'esquive en jetant le balai dans un coin.

Kinkin se lance sur ses traces et la rattrape à la porte de l'école. "Pourquoi t'en vas-tu? Tu n'as pas fini ton travail!" lui reproche -il. Mais Fanfan lui fait une grimace et ne veut pas faire demi-tour.

L'instituteur Wang survient sur ces entrefaits. Apprenant que Fanfan ne volait pas balayer la classe, il lui dit en lui donnant une tape sur l'épaule : "Va terminer le balayage!. Bien sûr une bonne élève doit avoir de bonnes notes en classe, mais elle doit aussi être habile au travail manuel et avoir une conduite irréprochable."

Rouge de honte et de dépit, Fanfan est obligée de revenir avec KinKin dans la classe pou finir le nettoyage. Puis elle rentre chez elle.

Après le déjeuner, la maman de Fanfan sort faire des commissions. "Pendant mon absence, lui dit-elle, tu couperas un peu de bois et le mettras sous le hangar". Fanfan fait la moue. Ces travaux ne sont pas pour lui plaire.

Sa maman partie, Fanfan munie d'une hachette, va dans la cour. Elle promène ses yeux tour à tour sur la hâche et sur les bûches entassées devant elle. "Comme ce serait bien, soupire t-elle, si la hâche pouvait couper elle-même le bois."

Tout à coup, une petite abeille vient bourdonner à son oreille : "Fanfan j'ai entendu ta réflexion. Suis-moi, je t'aiderai."

Le sourire aux lèvres, Fanfan suit l'abeille qui la mène dans un magnifique jardin.

Des arbres, des fleurs, un petit pavillon doré, s'offrent aux regards. Fanfan est éblouie par la beauté du lieu. L'abeille se métamorphose en une jolie petite fille qui lui dit en souriant : "Je m'appelle Demoiselle abeille ; allons jouer dans le jardin".

Demoiselle abeille fait un signe de la main et, à la stupefaction de Fanfan, un groupe de jeunes filles aux costumes multicolores, sort aussitôt du pavillon.

Les jeunes filles se mettent à chanter et à danser autour de Fanfan et de Demoiselle abeille.

Un peu intimidée au début, Fanfan finit par prendre part aux jeux avec entrain.

Mais Fanfan se souvient tout d'un coup du bois à couper ; elle n'a plus le coeur à jouer. La voyant si chagrine, les jeunes filles s'empressent autour d'elle pour la consoler.

Demoiselle abeille leur apprend que Fanfan souhaiterait n'avoir jamais à faire de travaux physiques. Aussitôt les chants de gaieté s'évanouissent. On regarde Fanfan avec étonnement.

Une jeune demoiselle à robe blanche dit : "Fanfan est une paresseuse! Puisqu'elle n'aime pas le travail, et bien! désormais, elle n'aura plus le droit de travailler ; tout sera fait sans elle." L'auditoire applaudit à cette décision.

Fanfan aurait voulu dire quelque chose, mais un éclair luit et les jeunes filles redevenues abeilles, s'envolent en bourdonnant. Chose étrange! Fanfan se trouve toujours dans la cour, comme si elle n'avait jamais bougé.

Le rêve était beau! Mais, maintenant, il faut se mettre à la besogne... Fanfan pousse un soupir. A peine a t-elle touché la hâche que celle-ci se dresse et sautille, telle une grenouille, vers le tas de bûches.

Bizarre! Voyant venir la hâche, les bûches se mettent debout pour être coupées en morceaux. Fanfan n'en croit pas ses yeux, mais c'est bel et bien vrai. Fanfan est aux anges!

En un tournemain, les bûchettes sont prêtes. En chantonnant, Fanfan se dispose à les porter sous le hangar, mais les bûchettes se mttent en rang et vont s'entasser elles-mêmes.

Le soir, dans sa chambre, Fanfan veut se mettre au lit. Aussitôt ses habits se déboutonnenttout seuls et viennent se poser sur la chaise.

Fanfan se couche. La couverture se déploie aussitôt sur elle. Fanfan goûta un sommeil délicieux. Elle avait vécu cette journée sans rien faire de ses dix doigts, sans fournir aucun effort.

Le lendemain matin, saveste, ses bas, ses souliers prennent d'eux-mêmes, sur elle, place habituelle.

Puis, le peigne vient la peigner. L'eau se verse dans la cuvette et la serviette la lave, tndis que la brosse nettoie son pantalon.

Maman es sortie pour les commissions. A la cisine, Fanfan s'apprête à allumer le feu pour préparer le petit déjeuner. Chaque mati, c'est ue corvée pour elle... Ce jour-là, le feu s'allume tout seul et les bûchettes sautillent dans l'âtre.

Maman n'étant pas encore rentrée, Fanfan qui pense aller jouer, veut se dépêcher de manger. Le riz bouilli, les légumes, se précipitent tellement vite dans sa bouche qu'elle ne peut plus avaler.

Fanfan n'aimait pas manger du riz bouilli chaud ni des navets salés. Et justement aujourd'hui, le riz est très chaud et lui brûle la langue, tndis que les navets salés arrivent sans cesse à sa bouche.

Fanfan qui n'a plus d'appétit, quitte la table. Mais les navets salés ne se le tiennent pas pour dit. Ils la poursuivent dans toute la maison.

Heureusement, Fanfan court plus vite que le plat de navets et se réfugie dans le salon. A bout de souffle, elle se jette dans un fauteuil à bascule.

Aussitôt, à sa grande joie, le fauteuil se met à se balancer. Mais il oscille de plus en plus fort et la pauvre petite a bientôt le vertige, tant et si bien qu'elle tombe sur le plancher.

Fanfan, le coeur gros de ce que le fauteuil ne lui obéisse pas, se relèv avec peine et n'y pouvant rien, elle s'en va mécontente.

Il n'y a personne sur le terrain de sport. Fanfan a une balle pour jouer avec ses camarades. Mais la balle s'échappe vite de ses mains en rebondissant.

Fanfan court après la balle, qui n'en roule que plus vite, et ralentit aussitôt que Fanfan s'arrête. La petite fille fini par être en nage sans arriver à saisir la balle!

"Tant pis, se dit-elle, je la laisse. Je préfère me balancer sur l'escarpolette; elle est bien accrochée et ne se sauvera pas comme la balle."

A peine monte t-elle l'escarpolette que celle-ci se met d'elle même en mouvement.

L'escarpolette va de plus en plus vite. Fanfan, pleine d'effroi, crie éperduement : "Arrête! Arrête! Arrête! Je ne veux plus me balancer."

Cependant, la balançoire ne l'écoute pas. Etourdie, Fanfan lâche prise et se voit projetée en l'air.

Fanfan tombe dans la mare et en ressort couverte de fange, grise de boue, comme une poupée de terre.

Fanfa s'assied sous un pêcher, la tête entre les mains. Elle murmure avec regret ; "Ah ciel! Que ne puis-je maintenant... tout faire par moi-même!"

A ces mots, apparait Demoiselle abeille qui lui dit avec gentillesse : "Fanfan, te voilà repentie! Eh bien! à présent, applique-toi de ton mieux à tous les travaux."

Et Demoiselle abeille disparait comme elle est venue. Fanfan ôte ses habits couverts de boue, va les laver au bord de la rivière, puis les fait sécher au soleil.

Avant midi, ses habits secs et bien propres, Fanfan prend allègremnet le chemin du retour.

Chez elle, voyant sa maman fort affairée, Fanfan l'aide à laver les légumes. Sa mère est très surprise de son empressement. Alors Fanfan lui explique en souriant : "Maman, c'est parce que je ne veux plus jamais être paresseuse!"

 

 

 

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