ZHU Chengliang

ZHU Chengliang

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Zhu Chengliang a passé son enfance à Suzhou, une ville à l'ouest de Shanghai, un lieu de beaux paysages naturels. Il est diplômé du Département des Beaux-Arts de l'Université de Nanjing où il se spécialise dans la peinture à l'huile et a travaillé comme éditeur et concepteur. En tant qu'illustrateur, il utilise des techniques différentes selon les histoires. Dans Zao Wang Ye (L'histoire du dieu de la cuisine, 1988), l'histoire d'un festival traditionnel, il a utilisé le style de peinture typique du Nouvel An chinois. Pour le livre Huo Yan Xi Dun (Flame, 2007), il a utilisé l'aquarelle pour exprimer l'émotion dans l'histoire d'un renard menacé. L' aquarelle pour transmettre aussi les beaux paysages de l'histoire d'un petit-fils et un petit renard dans Ye Ye de Da Huo Xia Xu Lu (la poudrière du grand-père, 2013), qui a été sélectionné pour la liste IBBY Honour 2014. Son œuvre la plus réussie, Tuan Yuan par Yu Liqiong (la réunion du Nouvel an, 2008) a reçu le premier prix Book Award du Feng Zikai enfants 2010 et la traduction anglaise a été répertorié comme l'un des dix meilleurs 2011 livres illustrés par le New York Times. (notes biogr. Ibby et HongFei)

Zhu Chengliang est un illustrateur majeur et incontournable tant par son talent artistique que sa représentation de la culture chinoise. chine-des-enfants ne pouvait que rencontrer cet artiste. Merci à Chun Liang Yeh, co-éditeur (HongFei Cultures), auteur et traducteur, d'être parti à sa rencontre pour lui transmettre les questions et collecter patiemment ses réponses. Merci pour sa traduction (chinois et français) des quatre premières questions/réponses. Merci à HongFei Cultures pour nous permettre de découvrir son oeuvre en France... et merci pour votre indulgeance quant à ma traduction : vous retrouverez ci-après les réponses originales en chinois

 

RENCONTRE AVEC ZHU CHENGLANG, à propos de ses deux albums : "REUNIS" et "MAMIE COTON COMPTE LES MOUTONS" éd. HongFei Cultures

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Zhu Chengliang adapte ses techniques d'illustrations au sujet afin de rendre toute l'émotion et le relief de l'histoire. A travers ses deux albums connus en France, Zhu donne de l'authenticité à ses histoires en multipliant des informations et des détails propres au lieu et au sujet décrits. Il capte ces émotions d'attente, de retenue à l'approche d'un évènement, donne toute la saveur du sujet en le personnalisant. 

 

  1. Comment êtes-vous venu à l'illustration pour la jeunesse ?

Quand j’étais enfant, mon éducation « artistique » s’est faite à travers la lecture de livres illustrés, notamment ceux sous forme de lianhuanhua. J’ai depuis développé un attachement particulier à ce genre de livres. Devenu adulte, j’ai travaillé dans une maison d’édition qui m’a mis en relation avec les éditeurs de Jiangsu Juvenile & Children’s publishing. De cette fréquentation est née ma première commande d’illustrations. Avec le temps, j’en suis venu à maîtriser et apprécier cette forme de création.

 

  1. Dans vos deux livres traduits en français, il est question de l'absence. Est-ce un sujet qui vous touche particulièrement comme illustrateur ?

La pensée pour les êtres aimés fait naître chez un humain le sentiment le plus doux et le plus intime de tous. Ce sentiment est fort, peu importe la culture, le pays et le territoire dans lequel on vit. Dans les deux histoires de Réunis et Mamie Coton, cette pensée bienveillante m’a effectivement inspiré pour le rendu artistique d’où ressort un grande puissance émotionnelle.

 

  1. Vos deux albums traduits en français laissent voir l’importance que vous attachez au traitement des détails. Que souhaitez-vous exprimer à travers ces précisions ? La tradition, l’identité, les particularismes régionaux, etc. ?

Ces deux histoires ont lieu dans des régions contrastées : le pays d’eaux au sud du Fleuve Bleu (Jiangnan), et le mont Taihangshan au Nord. J’ai souligné les caractéristiques de ces paysages au service de la narration. Les émotions dans « Réunis », subtiles et nuancées, appellent un décor de rivières et de petits ponts typiques de Jiangnan, tandis que le charme rustique de l’histoire de « Mamie Coton compte les moutons » gagne en relief en se situant dans le nord, dans une région montagneuse.

 

  1. Vous utilisez plusieurs techniques d'illustration ; comment décidez-vous de celle qui semble la plus appropriée pour un album ?

Je dirais que le choix de la technique est plutôt lié au contenu de l’histoire. Je choisis volontiers une technique que je maîtrise bien, sans m’interdire de faire des explorations nouvelles. J’ai ainsi utilisé un langage BD pour « Le couple Vieux Sucre part en voyage », un style rigoureux et réaliste pour « Réunis », et la peinture acrylique pour « Vieux pneu ».

Cache 25435690 m"Réunis"

merci à YEH Chun-liang pour la traduction.

les réponses suivantes sont traduites et adaptées par Umberto Signoretti

1 1"mamie coton compte les mouton"

A propos des détails.

Illustrer une scène de la vie quotidienne demande plus de détails réalistes afin qu'elle soit vraiment convaincante. Bien sûr, un conte de fées, une histoire tirée de la mythologie ou une aventure fantastique ont besoin aussi de précisions mais représenter le quotidien peut être trop impersonnel, banale. Par exemple, si je dessine une chambre en y plaçant des objets ou des détails, elle sera personnalisée et racontera une histoire plus authentique : il ne s'agit plus d'une chambre quelconque.

A propos de l'image traditionnelle

Certaines histoires se déroulent dans les années 1970, voir avant, comme « La poudrière de grand-père » ; quand je lis ces histoires, des souvenirs d'enfances me viennent naturellement à l'esprit. Je ne souhaite pas créer une atmosphère nostalgique mais, en dessinant quelques souvenirs personnels, je transmets de vraies émotions.

A propos de Jiangnam [région de Zhu]

« Réunis » est un texte de Yu Liqiong, originaire de l'Anhui [région proche de Suzhou]. Je pouvais créer un décors du delta du fleuve, me concentrer sur le paysage. Mais j'ai préféré restituer des scènes de vie familières du sud du Yangtze. Comme l'histoire se déroule à l'époque du Nouvel An, j'ai voulu représenter des traditions locales bien ancrées avec des gens qui échangent, mangent des boulettes du Nouvel An. J'ai souhaité être fidèle à ces coutumes, jusqu'à la conception locale des boulettes. Ce n'est donc pas la description d'une région qui m'intéresse mais la restitution des expériences de ses habitants et dans cette histoire, la mienne.

A propos de Shanghai

Je suis né à Shanghai en 1956, avant d'aller à Suzhou. J'y suis retourné cette année, à l'occasion de la Journée des enfants, où j'ai été invité dans une école maternelle avec la librairie française qui y organise des activités pour les enfants. Je me suis rendu dans la maison où nous vivions avec ma vieille tante : même route, même quartier, avec ses Shikumen [maisons traditionnelles de la ville construites après 1900]. Ma relation, mes souvenirs avec cette ville génèrent des liens, pouvant être matière à ma création.

A propos de mon plaisir d'illustrer des histoires

J'aime raconter, illustrer des histoires sur « l'attente ». Je me suis inspiré de la collection sidon d'histoires d'animaux, avec des personnages en plan serré, toujours en mouvement, dans l'attente de l'action, ce qui créé du suspense : les jeunes lecteurs aiment.

Quand je faisais du sport à l'école, avec mes camarades, nous ne pouvions sortir s'il pleuvait. Alors le professeur nous racontait une histoire. Nous étions tous heureux de cet instant partagé, et l'histoire se terminait parfois au-delà de l'heure d'étude. J'attendais avec impatience la prochaine séance de sport en espérant qu'il pleuve d'avantage pour entendre la fin de l'histoire.

J'ai un sentiment particulier en pensant au capitaine Cook dont l'envie d'aventures est née à son travail, en regardant la mer. Ce petit quai en bois avec la roue à poisson de son village natal m'a fait forte impression : imaginer la vie des gens au loin a suscité son imagination et l'envie de voyager jusque chez nous.

Les livres pour enfants illustrent des scènes de vie de travail, dans les zones rurales, les champs et les villes. Peut-être que je créerai un jour un album illustrant un petit port de plaisance.

<关于细节>

我所描绘的故事多是现实生活里的故事。对细节的描绘有助于创造一个具有说服力的场景。当然,神话、童话与奇幻冒险故事也需要细节,但一个生活故事缺少细节的话很容易变得空洞。比如说一个房间,不同的人物的房间会摆放不一样的东西。我会注意去呈现。

<关于传统形象>

某些故事发生在70年代或更早的年代,例如“爷爷的打火匣”。当我读这些故事,童年记忆里的场景很自然地浮现我的脑海。我并不是刻意去营造一个怀旧的氛围,而是根据故事内容的需要,透过具体的物件,传达真实的情感。

<关于江南>

“团圆”这一篇文字的作者余丽琼来自安徽,在故事里有过年时包饺子的情节。我在创作图画书的时候把场景放在我所熟悉的江南水乡,在那里人们过年吃的是汤圆,于是把饺子换成了汤圆。在最后的版本里,文字也随着图画作了调整。所以我对江南水乡的描绘并非着眼于外在形式的装饰效果,而是对一个地方的风土民情有深切的体验,做忠实完整的呈现。

<关于城市与上海>

我出生于上海,在1956年才搬家去苏州。回上海探望姑妈的时候就住在她家,今年的童书节我受到上海法国书店邀请去幼儿园和小朋友作活动,旧时我姑妈就住在同一条路上。关于上海,即使是城市的风景,比如说石库门、弄堂,只要和我的经验产生连结,都可以成为我创作的素材。

<关于我喜欢描绘的故事>

我喜欢描绘情节动人的故事。我根据西顿的动物故事改编而成的“火焰”,情节紧凑,扣人心弦,小读者很喜欢。我小时候学校有体育课,遇到下雨,没法上课,只能待在教室里听老师讲故事,这是同学们最高兴的事情。有时候故事还没讲完就下课了,我就期盼下一节体育课再下雨,听故事的结局。

我对于古老的小码头有一种特殊的情感,曾经旅行到英国 Cook船长的家乡,浙江石塘的景色,我都很喜欢,小木船、鱼轮、栈桥等给我留下深刻的印象。小码头的船传达一种出发与回归的动态,也让人对远方产生想象。童书绘本里比较常见以农村、田野和城市为场景的作品,或许有一天我可以创作一本有小码头的绘本。