LES MAISONS

LA MAISON : UN BIEN PRIVE

 

La maison est maintenant un bien privé. Jusque-là, elle était distribuée aux salariés gratuitement, ou en échange d'un loyer symbolique. Mais l'habitant ne pouvait se plaindre du manque d'entretien, pouvait difficilement choisir son quartier, sa rue et encore moins exiger du confort, quand il n'était pas tout simplement exproprié sans ménagement. Mais c'était un dû : un droit au logement. Les paysans se ruent dans les villes, les villes s'agrandissent et les chinois connaissent maintenant les problèmes des citadins occidentaux. Tout est dans la démesure : de la vieille maison perdue dans les plaines mandchoues aux luxueux appartements de Shanghai, des villages rasés à la plus grande ville du monde, Chongqing qui compte déjà plus de quarante millions d'habitants.

carte des maisons

Il n'y a pas de maison "type" traditionnelle en Chine : D'est en Ouest nous traversons les quatre saisons, tous les climats qui ont fasçonné les maisons et contribué à une grande diversité, mêlant aussi les caractéristiques ethniques.

Fildesoleil/maison

Ming Lo/village

maisons-dessin enfant

Cependant, elle joue un rôle important dans la littérature jeunesse mais elle reste avant tout rurale ; les gigantesques buildings innondés de lumières clignotantes des néons et autres enseignes ainsi que les autoroutes qui les cernent n'ont pas encore leur place : les cages à oiseaux et pruniers en fleurs dans les paisibles cours ont encore de beaux jours...

enseignes

rue

DE LA MAISON AU PALAIS

 

Dans les livres de propagande, surtout, la maison peut jouer le rôle principale : la masure du pauvre face au riche palais du méchant empereur. Elle peut témoigner de l'évolution sociale du héros. La maison est souvent hybride car elle représente pour le lecteur occidental la demeurre de "monsieur tout-le-monde" : celle de l'ouvrier, de l'employé et du paysan, tout en gardant une identité chinoise.

maison

Si des traits caractéristiques comme le toit, les fenêtres, les portes marquent cette représentation, les couleurs sont aussi empruntées aux riches palais, ne respectant aucun code, même si la fenêtre et la porte sont souvent rouges. L'on hésite pas à mélanger les époques. Ainsi, dans "Le village aux infinis sourires", une façade comporte trois fenêtres d'époques très éloignées.

village

L'intérieur de la maison reste minimaliste. Sombre et sobre, elle se constitue souvent d'une pièce à vivre, ses occupants travaillant (surtout la femme pour les tâches ménagères ou de la coûture), ou mangent. Une vieille table, quelques aliments marquent ainsi l'intérieur.

interieur

Si Chen Jiang Hong ou He Zihong représentent assez fidèlement la maison traditionnelle, ce sont les lectures des années soixante comme "Pierre et Françoise en Chine" qui nous font découvrir le quotidien d'un famille chinoise, rurale. C'est avec "Le petit cadeau" d'A. Modéré publié en 2006 que nous découvron l'intérieur d'une modeste maison avec un poële et un lit.

interieur

A l'opposé se trouve la maison du riche, un empereur ou un lettré, souvent méchant. . Représentée souvent sous forme de palais, avec une accumulation de toits, de murs et de portes. Lorsqu'il est plus gentil, un jardin vient se coller au palais. Son intérieur s'ouvre sur de vastes et luxueuses salles mais le plus souvent, quelques détails suffisent : une fenêtre plus travaillée que celle de la maison du pauvre, un paravent, des rouleaux et surtout, un nécessaire à écrire. Le riche reçoit et écrit. Un univers à part qui sera traité dans d'autres articles (sur le pouvoir).

Tempslent/interieur

CaoChong/interieur

riche interieur

belle maison

belle maison

Mais la maison, comme dans la peinture traditionnelle chinoise, est aussi vue en coupe, mettant au premier plan l'activité de ses occupants. Elle est aussi représentée dans un cadre bien codé...

village

LE VILLAGE : LE CADRE

 

La maison est souvent représentée dans un village lorsqu'elle joue le rôle uniquement d'habitat. Nous retrouvons quelques uns des codes de la peinture chinoise. Le village est perdu dans un vaste paysage où le blanc occupe beaucoup d'espace, l'eau, en premier plan et les inévitables montagnes en fond, des rizières plus rarement. Le petit pont arrondi est omniprésent, souvent au premier plan. Ce territoire est souvent délimité par une porte, un mur.

maison, paysage

village

EVOCATION DE LA VILLE

 

Si "Lola en Chine" s'étonne de la ville, elle n'est que très rarement évoquée. Dans les livres de propagande, la modernité est symbolisée non par la ville, les immeubles mais par l'industrie, la pollution! Depuis, la ville se perçoit par des travaux en fond d'images. Elle ne symbolise pas encore la Chine. Dans "Le tour du monde de Groucho", le Chinatown parisien est représenté par un grand dragon de défilé et quelques tours en fond. Les immeubles gris et froids sont visibles dans "le cerf-volant dans l'arbre". Les enfants sont ici nostalgiques de leur enfance à la campagne... C'est "Le petit lion de pierre" qui ose montrer les jeunes gens quittant le village pour la ville : seul le lion de pierre veille sur le village déserté. "Les plus beaux Noëls" ne représente pas la Chine mais son auteur chinois nous parle d'une pauvre famille dans un immeuble au moment des fêtes de fin d'année. Alors que le Shanghai du début du XXàme siècle est évoqué avec un zeste de nostalgie bienveillant, la ville qui se dessine de nos jours s'annonce bien sombre.

chinatown, Paris

Immeuble/Noël

village

ville-dessin enfant

ville-immeuble

Cerfvolantarbre/immeuble

MAISON DU PAUVRE

 

La maison du "pauvre" n'existe pas vraiment dans le sens économique du terme puisque se loger n'était "pas" un problème. La vieille masure volontairement peu engageante ne fait qu'appuyer le côté négatif d'un personnage. Un homme bon vit modestement et sa condition sociale, sa révolte se manifeste en dehors de son habitat, comme dans les livres de propagande. La maison du l'homme qui a réussit sa vie ne se traduit pas sur un plan matériel. La riche demeurre, le palais correspond à celui qui a le pouvoir et donc négatif. Le paysan lui, est souvent propre et bien portant. Son champ, sa rizière est un cadre idyllique où il aime travailler sans s'épuiser. La campagne est souvent montrée sous un aspect positif.

maison pauvre

CARACTERISTIQUES DE LA MAISON

 

S'il n'existe pas une maison chinoise type, plusieurs aspects caracteristiques se retrouvent.

PIECE A VIVRE : souvent une seule pièce est montrée avec une fenêtre et, souvent, une table où le repas est servi

repas

LE TOIT : C'est le point le plus visible. Pointu et recourbé, même dans les dessins les plus abstraits.

Toits

toits

toits

LA FENETRE : Plus ou moins travaillée, elle n'a pas de vitre, c'est la fenêtre que les touristes aiment voir dans les palais visités.

Circeta/details

portes/fenêtres

LA PORTE : grande et rouge, ronde pour les jardins.

Porte ronde

LinLin/porte

Portes

portes

LE LUMIGNON : souvent placé au dessus de la porte d'entrée.

maitreoiseau/lanterne

Tao/lanternes

LE PONT ARRONDI : traversant un petit ruisseau ou un lac, près de la maison.

pont/porte

pont/lumignon

LE CADRE : dans un paysage digne des rouleaux peints, vue dans son cadre, elle ressemble aussi à la maison basse de Pékin, avec sa cour intérieur.

Plan

plan ville

Mis à part quelques petites touches, souvent par la forme prononcée du toit, l'on devine le lieu où se déroule l'histoire par les vêtements des occupants de la maison.