L'ECRITURE

LE POUVOIR DU TRAIT : ENTRE DESSIN ET ECRITURE

SYMBOLE

extrait d'un album de "Tintin"

Plus que tout autre symbole, l'écritre chinoise est la première marque identitaire non seulement de la Chine mais aussi de l'Asie. Il suffit d'interroger des étudiants, même des enseigants pour comprendre que peu de personnes sont capables, encore ajourd'hui, de différencier les écritures asiatiques, bien que celles-ci soient plus présentes dans notre univers culturel : le coréen avec le relatif succès des films en France, le japonais avec l'invasion des manga,...

ESTHETISME

Cette écriture est avant tout esthétique : un idéogramme reproduit sur un poster, des impressions sur des tissus, des tatouages... et de nombreux instituteurs initient leurs petits élèves à la reproduction de caractères, souvent sans aucune base, sans aucune technique, ni même de connaissance de la langue ou de sa conception : en plus d'être esthétique, l'écriture peut être aussi un jeu. Nombreux imagiers ou livres pour enfants initient le jeune lecteur à l'écriture en lui faisant assembler dessin et caractère.

L'esthétisme commence par le matériel même : pinceaux, encre, sceaux... ils fascinent autant que l'écriture.

ECRITURE ET SUPPORT

L'écriture fascine d'autant plus qu'elle a la particularité d'être en "trois dimensions". L'acte d'écrire est esthétique : le positionnement face à la feuille ou au rouleau, la manière de tenir le pinceau, la perspective du regard.

L'écriture est présente aussi sur les murs avec les dazibao, les affiches de propagande... l'écriture est un art.

Dans le livre, elle transcende l'image, elle sort de son contexte pour décorer la page. Elle n'est plus une écriture mais un dessin.

UN ART, ENTRE ECRITURE ET DESSIN

Le pinceau est une arme redoutable. Savoir écrire n'est pas donné à tous : c'est un long apprentissage, et acquérir cette compétence ne suffit pas : le lettré, artiste cultivé, est un homme plein de sagesse et surtout libre de penser, de s'exprimer. L'histoire de la Chine le prouve... Les contes et légendes sont nombreux : l'empereur est systématiquement opposé au lettré.: il ne peut supporter que cet artiste, pauvre, soit libre de penser, de rêver : un pouvoir qu'il veut garder pour lui seul. Cela se matérialise par le dessin :

nombreuses versions du conte "le pinceau magique" relate la puissance d'un pauve homme qui, grâce à son pinceau peut résoudre tous les problèmes en dessinant ; l'empereur espère bien s'approprier le pinceau afin de dessiner les richesses et les armes qu'il n'a pu obtenir par la force ou par l'argent.

Le conte qui exprime peut-être le mieux la force du dessin mais aussi sa place dans la culture chinoise est "Yin la jalouse" : cette femme qui se meurt de tristesse après la mort de son mari retrouvera sa joie de vivre grâce à son cousin Huisheng qui lui offrir un portrait de son mari...

L'écriture est avant tout une terrible épreuve pour les petits chinois : nombreux albums nous relatent cette expérience ; maitriser cet art es aussi une possibilité pour les filles de s'émenciper.

L'ECRITURE COMME ARME

Maitriser l'écriture, manier le pinceau est une arme redoutable et les plus "faibles" qui n'avaient pas le droit à cette éducation réservée, ont su développer une autre forme d'écriture, de communication, à l'exemple des Yao avec le Nu Shu -l'écriture des femmes- chantée, brodée, uniquement connue et utilisée par les femmes...

Le dessin et l'écriture ont été une arme redoutable exploitée par les affiches de propagande durant les années maoistes, mais aussi utilisée dans des buts plus louables, plus pédagogiques : les murs peints des villes apprennent quelques rudiments d'hygiène et d'éducation. En quelques dessins aussi, l'histoire de la communauté chinoise est exposée sur les murs des chinatowns.

L'OBSESSION DU CRAYON

Dans les albums chinois, le fantastique vient souvent à la rescousse de la réalité pour appuyer une notion pédagogique : les dents d'une petite fille se révoltent (Fangfang), des graines de fleurs voyagent avec un parachute (voyage des petites graines)... Le crayon quant à lui se venge d'être maltraité ou mal utilisé!

un petit crayon sera la proie d'un chat, d'un chien et d'un petit garçon qui le taille beaucoup trop et s'en sert pour gribouiller sur les murs (l'aventure du petit crayon)...Avec ses "petits compagnons du plumier", il saura se venger d'u méchant petit garçon!

 

BIBLIOGRAPHIE :

"Au pays des chinois" J Ballaz Bordas, 1987

"L'Aventure du petit crayon" Ho Yi Ed. en langues étrangères, 1964

"Bonne chance petite Rubis!" SY Bridges Syros, 2003

"Cao Chong pèse l'éléphant" Ed. en langues étrangères, 1980

"Le cheval magique de han Gan" JH Chen Ecole des loisirs, 2005

"La Chine ancienne" Gamma, 1973

"La Chine antique" SDP, 2006

"La Chine populaire" W Boase Flammarion, 1978

"L'empereur et le poète" P de Boissy Jasmin, 2000

"Li, la petite calligraphe" S Nelson Belin, 2006

"Li Na et l'empereur"  A Liebers Milan, 2002

"Mei hua, Shuilin et Dui vivent en Chine" P Pilon et E Thomas La Martinière, 2005

"Mei Hua la petite chinoise" C Proupuech Mila, 2005

"Mon imagier chinois" C Louis P Picquier, 2004

"Les petits compagnons du plumier" Zhaohua, 1982

"Le pinceau magique" Hong Xuntao Magnard, 2007

"Le pinceau magique de Ma Liang" Han Xing adapt. Ed. en langues étrangères, 1980

"Tchang!" JM Coblence, T Yifei Moulinsart, 2003

"Tsao le petit chinois" P Bougoing, Calligram, 2001

 

"La vie quotidienne en Chine populaire" BT2 PEMF, 1984

"Le village du buffle noir" P Fava Ed. de Pékin

"Yin la jalouse" Shen Qifeng Honfei Cultures, 2009