EDUCATION DES PETITS CHINOIS

L'Education chinoise

- L'éducation chinoise vue de France

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L'enfant chinois...vu de France, à partir d'articles, d'informations glânées dans les médias :

Lorsque l'on parle d'éducation, en Chine, l'on ne peut minimiser l'importance de l'éducation sociale et de la transmission des valeurs familiales. L'éducation des masses est toujours sensible et le petit chinois, s'il a moins de partages avec ses grands-parents, son lien familial est toujours très fort. Arrivant à l'école à l'âge de sept ans, ses parents espèrent bien le transformer en bête de travail soit pour réussir un concours important, soit pour l'envoyer à l'étranger dans l'espoir de faire suivre ensuite la famille. L'enfant est toujours redevable et sera toujours le fils avant d'être le parent. Si l'enfant unique est devenu insuportable et mal poli, prêt à tuer sa famille pour de l'argent, si la minorité chinoise du Québec posait problème puisque ces enfants arrivaient toujours en tête des résultats scolaires, si les petits migrants parisiens passaient pour modèle d'intégration, les choses évoluent.

A Paris, ce sont de nouveaux les migrants originaires du Wenzhou qui déferlent et n'ont pas vocation à s'intégrer mais à repartir. Ceux qui viennent ont pour objectif de faire venir la famille avant même de s'intégrer. Les enfants connaissent de plus en plus de difficultés. Au Québec, les familles établies renvoient leurs enfants en Chine, ne pouvant payer les frais de gardes, d'éducation. Quant aux jeunes chinois, ils n'ont plus de loisirs. Leur vie est réglée sur un emploie du temps de ministre. Certains n'ont pas d'amis, ne savent pas se distraire. Car si l'enfant doit réussir pour lui, il doit aussi réussir pour prendre en charge les parents. Même si l'Etat donne une priorité à l'éducation, elle représente que 2,4% des dépenses. Une partie de plus en plus importante est payée par la famille elle-même. Reste que trois à quatre élèves sur cent seulement trouvent une place en université bien que le nombre d'étudiants diminue fortement avec la loi plus stricte de l'enfant unique. N'est pas pris en compte non plus le nombre croissant d'enfants venant avec leur mère de la campagne, dans l'espoir de trouver une vie meilleure en ville. Il n'y a rien qui oblige ces enfants a être pris en charge.

Des enfants chinois désocialisés aux migrants déroutés, l'avenir à court terme laisse présager de grands changements. Il n'en est pas de même dans les livres...

Si les ouvrages chinois de propagande décrivent une éducation "moderne", les fictions occidentales aiment décrire une éducation ancestrale révolue. Le livre actuelle reflète non une réalité mais une demande des lecteurs occidentaux.

- Education sociale

Un enfant éduqué, cest un enfant capable de se fondre dans le groupe, être anonyme. Il est éduqué non pour s'instruire et s'épanouir mais dans le but de servir son pays, les autres. Il reçoit une éducation collective. "Je suis de service aujourd'hui" décrit une journée au jardin d'enfant : l'accent est mis sur l'ordre et la discipline et les jeux sont propices aux bonnes mises en garde. "De bons enfants" décrit les bonnes actions que l'enfant peut faire : réparer les jouets des plus petits, faire la lessive et dispense aussi de bonnes recommandations. Chaque conte, fable ou histoire est lourde de morale et d'avertissement. L'enfant apprend biensur la politesse, le dévouement mais surtout, ce sont les sentiments personnels qui sont montré du doigt comme l'orgueil, la fierté, la vanité : "Mimi le fierot" est trop fier, l'"Empereur en herbe" désignera comme successeur celui qui a la qualité d'honnêteté, "le bateau magique" voit un homme cupide prêt à tout pour s'enrichir et détenir le pouvoir, "la hâche d'or" punie un garçon malhonnête. Dans la "Merveilleuse histoire de la petite Hou", qui n'est pas sans rappeler le petit chaperon rouge, si l'enfant est en retard à l'école, c'est parce qu'elle s'arrête en route pour nourrir, entre autre, le loup au zoo...

De bons enfants

 Apprendre à aider les soldats (De bons enfants)

De joyeux enfants

Lecture collective (De joyeux enfants)

200 petits chinois

Travailler pour se nourrir (200 petits chinois)

Empereur en herbe

L'enfant modèle...(Empereur en herbe)

Mais souvent l'adulte est absent : l'enfant se comporte comme un adulte. La famille n'existe plus et l'enfant réinvente un monde meilleur. Dans "Je suis de service aujourd'hui", c'est un enfant qui remplace l'adulte. Dans les ouvrages de propagande, l'enfant est souvent misérable et doit faire face à la lâcheté de l'adulte. Nombre de livres relatent la vie d'un enfant héroïque comme "Wang Ki-Kouang", "Li Wen-Hsueh". Si l'on se retrouve toujours dans le rapport de force pauvre ouvrier / riche propirétaire, il s'agit souvent aussi du binome enfant / adulte.

L'éducation est collective et présente dans le quotidien. L'enfant est ainsi étroitement surveillé.

L'enfant apprendra donc a être servile et non instruit, a travailler utilement non dans le but de s'enrichir mais d'obtenir des récompenses utiles (des outils pour les ouvriers).

Je suis de service 10

Le dessin est un loisir "utile"... (dessin d'un soldat, Je suis de service aujourd'hui)

Pour les lecteurs français, le petit chinois est souvent un enfant "modèle" : sage, obéisseant (voir article "identité chinoise"). Si le petit japonais est submergé de travail et de pression à l'école, quand il n'est pas avec ses jeux vidéos, le petit chinois, lui est encore l'enfant "libre", bien entouré de sa famille, vivant dans une maison à la campagne. Cela résulte de ce que la presse laisse à lire et la télévision à voir. Car si l'on parle de plus en plus de la Chine, il est rarement question de l'éducation des enfants. Cela commence un peu à changer avec l'arrivée de manhua ou les traductions de livres où évoluent des petits chinois, parmi d'autres enfants, mais aussi avec le problème du dévelppement économique et du travail des enfants. (voir article "identité chinoise").

- Apprentissage à l'école

L'école est un thème souvent abordé dans les fictions occidentales, mais surtout l'apprentissage de l'écriture. La calligraphie est très présente dans les histoires. Ce n'est pas un hasad mais bien une demande des lecteurs occidentaux. L'école actuelle en Chine ne semble guère interesser. Car si l'enfant reçoit en cadeau un livre ou un moment de lecture, c'est souvent l'adulte qui choisi l'ouvrage. Chaque année des instituteur(trice)s demandent des ouvrages sur la calligraphie ; nombreux souhaitent initier les enfants de maternelle ou de primaire à l'écriture chinoise, sans aucune connaissance préalable. L'écriture chinoise est assimilée comme un jeu, un dessin et non comme un apprentissage de la langue. Les auteurs l'ont bien compris. Lisa Bresner a publié de nombreux livres sur la calligraphie ou des histoires prétexte à. Si la qualité est assez médiocre, ils sont plébiscités car le lecteur peut, en quelques secondes apprendre à écrire et traduire un mot. Dans les albums, la calligraphie est bien présente, à croire que les enfants n'apprennent que cela. Le thème est porteur mais esthétique aussi. Il n'est pas rare qu'il soit sorti de son contexte pour illustré la page, sans autre fonction. Car l'idéogramme, s'il n'est pas compris, garde un aspect décoratif. Certains lecteurs demandent dans les bibliothèques à consulter un dictionnaire bilingue chinois. Lorsqu'ils le consultent, biensûr, ils sont déroutés. Ils n'apprennent pas la langue mais souhaite juste se faire tatouer un "signe"! Le livre aborde donc facilement ce thème. Mais pas question de représenter une grande et sinistre école moderne : souvent ils s'agit d'une école d'une autre époque car il est important que le professeur revêt un "costume chinois" et que l'élève studieux apprenne dans une ambiance zen la calligraphie. Dans "Li, la petite calligraphe", l'école est plus moderne mais les élèves ont des vêtements typés (et non des vêtements modernes ou des uniformes) et ne se servent que de pinceaux. Lorsque Li rentre chez elle, ce n'est biensûr pas un appartement moderne... Pour trouver une école moins "folklorique", il faut remonter aux années mille neuf cent quatre-vingt, avec "Petite Wang et son amie" : une école rurale mais de l'époque. Là, il s'agit avant tout d'une fiction documentaire et sans photographie. Le documentaire français du XXIème siècle aborde timidement l'école... Dans "Meijua, Shuilin et Dui vivent en Chine", ce thème est très anecdotique et encore, il est abordé uniquement pour un petit rural, tandis que l'art de la calligraphie, la cité interdite et la Révolution culturelle occupent une large place. "Ma vie à Pékin au fil des mois" aborde une école plus moderne mais avec des illustrations de He Zhihong donnant une touche désuète Dans "La Chine et les chinois", le seul ouvrage (encyclopédie précise la collection) "complet" et actuel sur la société chinoise n'accorde qu'une double-page sur le thème "être enfant aujourd'hui". Un texte très anecdotique avec des encarts typiques comme les culottes fendues des petits qui amusent beaucoup les touristes en Chine. Une double-page également sur la scolarité qui a le mérite de bien synthétiser le système scolaire actuel. Quelques curiosités comme "Sous le même ciel", un album qui présente sur chaque double-page un écolier. A la limite du ridicule puisque c'est un condensé de clichés sur les pays. Pour les Pays-bas, un écolier à vélo passe devant la maison d'Anne Frank! Pour la Chine, au contraire, il s'agit d'une école des minorités du nord ouest de la Chine : une illustration déroutante, loin des représentations de l'école chinoise.

sous le même ciel 1

Une école chinoise (Sous le même ciel, je vais à l'école)

Cao chong

Elèves studieux...(Cao Chong pèse l'éléphant)

Li petite calligraphe

Li la petite calligraphe

Petite Wang 3

Petite Wang et son amie

Ce sont donc les clichés identitaires chinois qui sont représentés : la calligraphie, biensur, mais aussi la gymnastique dans la cour de l'école, le massage du visage avant le cours, le necessaire à écrire et à compter.

Petite Wang 1

Gymnastique dehors...et en classe ! (Petite Wang...)

sous le même ciel 2

Ma vie à Pékin au fil des mois...

Petite Wang 2

Ecrire et compter (Petite Wang...)

ma vie à Pékin 2

Ma vie à Pékin au fil des mois...

 

- Transmition des valeurs

La famille a un rôle important dans l'éducation. Mis à part les livres de propagande communiste des années cinquante, soixante, nous retrouvons souvent la famille autour de l'enfant. C'est souvent le grand-père, le sage, qui transmet tout son savoir, même dans les imagiers de propagande, la personne âgée peut être réfléchie, respectable ; que se soit dans 'Tsao le petit chinois" où l'ancêtre apprend au jeune le tir à l'arc à une époque très lointaine ou dans "l'aube" (d'après un poème chinois) où le grand-père apprend la patience autant que le pratique comme le camping. La famille au sens large donc mais aussi les racines, les origines. En plus de la vénération des ancêtres à la maison, il est encore possible de trouver des arbres généalogiques affichés dans la maison, à la place d'honneur. Si toutes les informations ne sont pas écrites, elles sont transmises oralement par le grand-père aux plus jeunes. A l'étranger, il n'est pas rare de trouver peint sur les murs des villes ou à l'entrée des chinatown l'histoire de l'émigration chinoise, rappelant ainsi aux nouvelles générations leurs origines, leurs liens à la Chine.

L aube

Apprendre à camper avec grand-père... (L'Aube)

Tsao

Apprendre le tir à l'arc...(Tsao le petit chinois)

Cet article sera complété dans l'avenir avec l'apport de nouveaux documents... Pour les références bibliographiques, référez-vous sur le site à l'index titre ou thématique.

imagier chinois 1

imagier chinois 2

Imagiers chinois

arbre généalogique

Arbre généalogique

L arrivée des chinois aux USA

L'histoire de l'arrivée des premiers migrants chinois aux Etats-Unis peinte sur les murs...