PETIT CHAPERON ROUGE

Nous prenons quatre exemples, soit deux versions bien distinctes, éditées et traduites en français :

"Din'roa la vaillante" / JL Le Craver ; ill. M Bourre Didier, 2006

"La Grand-mère ours" / Ill. Kiang Mi Ed. langues étrangères, 1979

"Lon Po Po" / Ed Young Flammarion (Père castor), 1995 (1ère éd. USA 1989)

"Le Petit chaperon rouge chinois" / Marie Sellier ; ill. C Louis Ed. P Picquier, 2010

TRAME DE L'HISTOIRE :

Il y a trois petites filles ou un frère et une grande soeur qui vont faire rentrer le loup ou l'ours chez elles. L'aînée comprend qu'il ne s'agit pas de la grand-mère et va trouver une ruse pour sortir. L'imposteur accepte et va essayer de les attrapper quand il comprend la ruse. Les enfants se sont réfugiés dans un arbre et finissent par le tuer.

 

ROLE DES ENFANTS :

Les enfants ici s'affranchissent de l'autorité des adultes. Il n'y a pas de chasseur pour les libérer. Ils s'en sortent seuls. Ils vont tuer l'imposteur avec, dans deux versions, d'une lance lancée dans la gorge.

 

ROLE FEMININ :

C'est avant tout une histoire d'héroïnes. L'imposteur travesti en femme, la mère qui semble plus active, la grand-mère le plus souvent en forme et trois "petit chaperon rouge" dans deux version, tandis que dans les autres, il y a un petit frère et une grande soeur mais, le garçon est sous la protection de l'aînée.

 

L'IMPOSTEUR : LOUP / OURS

Le loup en Chine n'a pas la même symbolique : à l'origine des dynasties chinoises, il protège du mal mais il représente aussi le pouvoir qu'il faut combattre ; l'ours la force, la virilité. Mais ce qui fait la grande différence avec les versions occidentales c'est que cet imposteur est tourné en ridicule : les enfants se moquent bien de lui, vont l'avoir par la ruse, le tuer même et en affirmant qu'ils ou plutôt elles n'ont pas peur de lui.

 

LA GRAND MERE :

C'est une femme en bonne santé : elle doit venir tenir compagnie aux enfants dans deux versions. Dans une autre, c'est la grand-mère elle-même qui se déplace chez ses petits enfants et se fera dévorer en chemin. Dans cette version, elle ne retrouvera pas la vie. Dans les autres versions, l'on devine par son absence qu'elle a été dévorée.

Les adultes, sans être absents, sont vite écartés de l'histoire. Les enfants sont les héros mais loins d'être inoocents ; de même le loup (ou ours) n'est pas si cruel que cela, plutôt idiot même : il n'a pas vraiment besoin de convaincre ses interlocuteurs et plutôt que de dévorer ses jeunes proies, il s'endort dans leur maison...

 

Les enfants ne sont pas terrorisés et arrivent même à structurer un plan non pas d'évasion, mais afin de tuer leur prédateur : ils vont trouver des astuces pour l'humilier, le ridiculiser, avant de le tuer.

PREDATEUR ENFANTS MORT DU PREDATEUR

OURS Fille + garçon Lance dans la gueule

OURS Fille + garçon Lance dans la gueule

LOUP 3 Filles Assomé/chute

LOUP 3 Filles Assomé/chute

Nous avons deux versions dsitinctes dans ces quatre exemples, deux versions les plus connues. Il est interessant aussi de voir quelques nuances concernant les ruses employées par les enfants.

 

RUSE MAISON RUSE SORTIE RUSE POUR TUER

Poux du garçon -> Mal au ventre fille ->  Reflet/eau /jet de poires/lance

x -> Cueillette noix de gingko ->  chute du haut de l'arbre

x -> Envie d'uriner -> Huile sur le prunier,glissant

Poux du garçon -> Mal au ventre -> Reflet/eau /jet de poires/lance

Il y a donc deux versions bien distinctes.

 

"Grand-mère ours" et "Din'roa la vaillante" : un ours/un frère et sa grande soeur

 

La seconde version copie la première, éditée aux langues étrangères. L'on retrouve la même cruauté et quelques détails "communistes" dans la version la plus récente avec cette lance où un foulard rouge a été noué. Cette version est aussi la plus acceptable. C'est aussi la version la plus cruelle.

 

"Lon Po Po" et "Le Petit chaperon rouge chinois" : un loup /trois petites filles

Cette version est la plus racontée, la plus connue. C'est aussi la moins plausible pour nos oreilles occidentales...

 

Dans l'une les soeurs, en haut de l'arbre construisent une panière afin de hisser le loup assez haut pour le faire chuter ; dans l'autre elles invitent le loup à grimper dans l'arbre afin de voir la fête chez les voisins mais elles ont au préalable versé de l'huile sur le poirier devenu trop glissant.

L'on notera aussi dans cette dernière version publiée ("petit chaperon rouge chinois") un recours à la magie : le loup fait appel aux dieux pour obtenir un aspect physique de la grand-mère entre autre.

 

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