Asie dans l'album

L’ASIE DANS L’ALBUM DE JEUNESSE

Nous avons choisi de traiter le thème de l’Asie dans la littérature de jeunesse.

Nous avons choisi de constituer un corpus le plus large possible. C’est pourquoi, nous avons des albums écrits par des Asiatiques et traitant des thèmes asiatiques, puis ceux écrits par des occidentaux traitant aussi des thèmes asiatiques, et enfin des ouvrages écrits par des Asiatiques mais ne traitant pas de thèmes spécifiques à l’Asie.

Dans une première partie, nous présenterons les œuvres retenues, ensuite nous traiterons les albums qui s’inscrivent dans un cadre asiatique, puis nous évoquerons quelques grands traits spécifiques à cette culture.

PRESENTATION DES DIFFERENTS AUTEURS

Beaucoup d'album à propos de cette culture-là. On a décidé de d'abord présenter les albums écrits par des auteurs occidentaux.

Les auteurs non asiatiques

la Chine médiévale et antique :

lFeng de DEDIEU: un bel album

Thème principal : un enfant qui chercher à faire voler le cerf-volant qu'il a conçu grâce à l'aide d'un sage.

de DEDIEU: un bel album

de DEDIEU: un bel album

lLipo le fou et Toufou le sage de KERISEL: à base d'une histoire vraie, deux poètes destinés à être mandarins, mais à 10 ans d'écart. Ils laissent tout tomber pour battre la campagne et répandre le bien et la bonne humeur autour d'eux.de KERISEL: à base d'une histoire vraie, deux poètes destinés à être mandarins, mais à 10 ans d'écart. Ils laissent tout tomber pour battre la campagne et répandre le bien et la bonne humeur autour d'eux.

de KERISEL: à base d'une histoire vraie, deux poètes destinés à être mandarins, mais à 10 ans d'écart. Ils laissent tout tomber pour battre la campagne et répandre le bien et la bonne humeur autour d'eux.

lLa soupe aux cailloux : 3 moines arrivent dans un village et font une soupe magique pour rassembler les villageois et leur rappeler la solidarité.

à base du même conte chinois :

: 3 moines arrivent dans un village et font une soupe magique pour rassembler les villageois et leur rappeler la solidarité.

: 3 moines arrivent dans un village et font une soupe magique pour rassembler les villageois et leur rappeler la solidarité.

lComment Wang-Fo fut sauvé de YOURCENAR : un vieux peintre sillonne la Chine pour peindre avec son disciple Ling. L'empereur est jaloux de l'imagination de Wang-Fo qui peint des paysages bien plus que beaux que la réalité. de YOURCENAR : un vieux peintre sillonne la Chine pour peindre avec son disciple Ling. L'empereur est jaloux de l'imagination de Wang-Fo qui peint des paysages bien plus que beaux que la réalité.

de YOURCENAR : un vieux peintre sillonne la Chine pour peindre avec son disciple Ling. L'empereur est jaloux de l'imagination de Wang-Fo qui peint des paysages bien plus que beaux que la réalité.

lLe pinceau magique de DUFRENE : un enfant veut peindre pour reproduire le monde. Un sage lui donne un pinceau qui s'avère magique. Wang-Li peint pour les pauvres car son pinceau rend réel ce qu'il peint. L'empereur veut en profiter mais il est berné et meurt noyé tout comme dans l'album de Wang-Fo.

 

L'Asie de l'époque contemporaine :

:
de DUFRENE : un enfant veut peindre pour reproduire le monde. Un sage lui donne un pinceau qui s'avère magique. Wang-Li peint pour les pauvres car son pinceau rend réel ce qu'il peint. L'empereur veut en profiter mais il est berné et meurt noyé tout comme dans l'album de Wang-Fo.

de DUFRENE : un enfant veut peindre pour reproduire le monde. Un sage lui donne un pinceau qui s'avère magique. Wang-Li peint pour les pauvres car son pinceau rend réel ce qu'il peint. L'empereur veut en profiter mais il est berné et meurt noyé tout comme dans l'album de Wang-Fo.

l Moi, Ming de CLOTHILDE BERNOS: cela commence avec une liste de ce qu'aurait pu être le narrateur , des personnages occidentaux essentiellement. On découvre avec la lecture qu'il s'agit finalement d'un grand-père pour qui la plus belle chose est sa petite-fille et l'amour qu'il lui porte. Album avec de l'humour et des clins d'œil. de CLOTHILDE BERNOS: cela commence avec une liste de ce qu'aurait pu être le narrateur , des personnages occidentaux essentiellement. On découvre avec la lecture qu'il s'agit finalement d'un grand-père pour qui la plus belle chose est sa petite-fille et l'amour qu'il lui porte. Album avec de l'humour et des clins d'œil.

de CLOTHILDE BERNOS: cela commence avec une liste de ce qu'aurait pu être le narrateur , des personnages occidentaux essentiellement. On découvre avec la lecture qu'il s'agit finalement d'un grand-père pour qui la plus belle chose est sa petite-fille et l'amour qu'il lui porte. Album avec de l'humour et des clins d'œil.

lTi-Tsing de CLOTILDE BERNOS: on retrouve encore la Chine rurale et ses rizières. Ti Tsing n'a qu'un seul but : vendre ses cages à criquets pour pouvoir s'offrir le cerf-volant de ses rêves.

de CLOTILDE BERNOS: on retrouve encore la Chine rurale et ses rizières. Ti Tsing n'a qu'un seul but : vendre ses cages à criquets pour pouvoir s'offrir le cerf-volant de ses rêves.

lOrigami de DELERM : on part au Japon pour un album qui s’inspire de la réalité. Sadako meurt des suites de la maladie de la Bombe A. Point de vue de plusieurs de ses amies. Un album tout en douceur, plein de poésie.

Les auteurs occidentaux s'inspire plutôt de l'Asie traditionnelle mais aussi

contemporaine. On retrouve souvent l'Asie rurale avec des personnages très riches sur le plan personnel et très simples.

b) Les auteurs asiatiques

De quoi s’inspirent-ils ?

Quels sont leurs objectifs ? (faire découvrir leur culture ou non)

1. « Qui voit quoi ? » Qui voit quoi ? » JINZABURO TAKAGI – KEN KATAYAMA

Livre qui présente diversité du monde et diversité de point de vue. Les espaces ne sont pas particulièrement asiatiques, les illustrations font d’ailleurs penser aux tableaux de Monnet.

2. « Des fantômes à l’école maternelle » MITSUKO ISHIKAWA-EIGORO FUTAMA

Histoire qui pourrait arriver dans n’importe quel pays développé. L’école est finie et Tsoutoumou et Takou attendent leurs mères. Ils éteignent la lumière et jouent au fantôme. Les seules références qui sont faites à un monde asiatique sont les prénoms des deux protagonistes, les yeux bridés des enfants sur les illustrations ainsi que des écritures japonaises.

3. « Les mouettes sont revenues » TORAJI ISHIBE

Livre sur les mouettes qui reviennent chaque année à l’automne, sur leur comportement. Ce livre a été réalisé avec une collaboration scientifique. Le but est vraiment de faire découvrir les mouettes. De plus le contexte est tout à fait urbain et donc commun à de nombreux pays.

 

c) Eléments d’une société asiatique

Comme il a été dit précédemment, on fait donc deux distinctions dans les albums : ceux qui traitent de thèmes asiatiques et les autres.

Cela a un impact non négligeable sur l’album.

L’un des exemples les plus flagrants est de loin dans Le rossignol d’Andersen (il faut le restituer dans le contexte, il date du 19ème siècle) et il s’adresse à une certaine classe de la société qui a connaissance de l’existence d’un pays lointain, aux mœurs et coutumes bien éloignées des nôtres. C’est pourquoi les premières pages du conte prêtent à sourire :

« En Chine, vous devez bien le savoir, l’empereur est un chinois et tout ceux qui l’entourent aussi sont des chinois. »

On retrouve tout au long du conte d’autres clins d’œil à la culture chinoise :

« …et tout ceux qui l’entendirent furent aussi transportés que s’ils s’étaient enivrés avec du thé, ce qui est tout à fait chinois »

ou bien encore :

« La Mort répondit par un hochement de tête chinois. »

On peut dire généralement que chez les auteurs non asiatiques, on trouve une volonté didactique marquée de faire découvrir un univers différent du monde occidental, tel que le connaissent les petits occidentaux.

[attention, différent dans Petit aigle : ici transmission de savoirs par un chinois]

Aussi, les auteurs-illustrateurs vont mettre en évidence tels éléments qui raccrocheront le lecteur au monde chinois par exemple.

-Au niveau du texte : on remarque que les noms des personnages ont des consonances asiatiques ou y ressemblent fort : Chou-Chou, Feng, Wang-Fo, Lipo, Wang-Li, Nagako, Chizuco,… Même pour le canard de Ti-Tsing, qui s’appelle Couing (jeu de mot-valise Couin + -ing).

On observe aussi l’emprunt de noms communs : Origami (pliages en papier), tofu (mot japonais, pâté de soja), haricots mungo, litchi, nem évidemment.

Bien que ces emprunts concernent principalement la nourriture, on peut dire qu’en ce qui concerne la boisson, tous, boivent du thé. Il y a d’ailleurs de belles descriptions poétiques :

« Nagako boit du thé (…) la chaleur du thé coule gravement en elle…. » (Origami). Il aurait été intéressant de calculer le pourcentage de personnages buvant du thé qui apparaît dans nos ouvrages.

-Pour les éléments visuels, on retrouve des personnages typiques principaux, on y reviendra plus tard, mais aussi dans les personnages secondaires: marchands de thé, paysans dans les rizicultures…

Quoi qu’il en soit, il va de soi que tous sont typés, ont des faciés asiatiques (peaux jaunes, yeux bridés, cheveux de jai (sauf Origami où ils n’ont que les yeux pour pleurer).

Néanmoins, tous ont des tresses, chignons, piques dans les cheveux, de fines moustaches ou fine barbe, des chapeaux pointus sur la tête, (ceux que l’on porte quand on travaille dans les rizières ou encore crânes rasés des moines bouddhistes. + tuniques, sandales ou tongues.

Moi, Ming : « Chaque jour, je porte un chapeau de paille tressé et un pantalon flottant »

 : « Chaque jour, je porte un chapeau de paille tressé et un pantalon flottant »

Ti-Tsing : « En 3 secondes, il met son pantalon, sa veste, attrape ses sandales, son chapeau de paille et surtout les gros gros beignets au gingembre que sa maman a préparé. »

 : « En 3 secondes, il met son pantalon, sa veste, attrape ses sandales, son chapeau de paille et surtout les gros gros beignets au gingembre que sa maman a préparé. »

- Décor : certains éléments plongent directement le lecteur dans un milieu donné. Cf. première page Soupe au chou : muraille de Chine et statue Bouddha que l’on retrouve aussi dans Petit aigle.

certains éléments plongent directement le lecteur dans un milieu donné. Cf. première page  : muraille de Chine et statue Bouddha que l’on retrouve aussi dans

+ forme biseautée des toitures/ éléments calligraphiques/ scènes de marché/tout ce qui est ombrelle, lampion, tatami, bol de riz…,

 

# Les mouettes sont revenues : N’est pas précisé que se déroule au Japon, ça aurait très bien pu se dérouler dans n’importe quelle grande ville portuaire industrielle comme les ports du Nord de la France ou de l’Allemagne. Or , p.22 des Japonais avec des jumelles apparaissent, on peut donc supposer que les ports que l’on voit sont des grands ports industriels japonais.

# Qui voit quoi ? Des oiseaux et autres rongeurs peu connus apparaissent, qui à première vue, nous on semblé être spécifiques à l’Asie mais finalement, après des recherches il s’est avéré que non. Attention donc à ne pas chercher des éléments qui n’existent pas.

On peut donc remarquer à travers ces livres, que ce sont les asiatiques qui ont en plus grande partie la volonté de sortir de ce cadre traditionnel. Ils ne veulent pas s’enfermer dans cette culture. Volonté de modernisation dû à l’enfermement de leurs pays pendant des siècles?….

LES GRANDS TRAITS COMMUNS DE CES OUVRAGES

Pour cette partie, on s'attachera à n'étudier que les livres des auteurs occidentaux. Nous avons remarqué que ces albums ont des traits communs.

les personnages types:

On retrouve dans les différents ouvrages des personnages- types qui permettent de structurer l'histoire que ce soit pour les albums ou les contes.

dans l'Asie antique :

trois grands types de personnages :

l'enfant, ou le jeune héros, qui a un objectif et qui va pouvoir le réaliser grâce à une aide ou un disciple pour Comment Wang-Fo…. Ce héros est toujours pauvre, en revanche sa richesse est intérieure

le sage ou le maître : souvent un vieil homme, une aide spirituelle ou matérielle (Le pinceau magique). Un élément clé qui donne une progression à l'histoire.

et enfin la hiérarchie, l'autorité représentée par l'empereur. Il vient à la rencontre du héros car il l'envie (Wang fo). Image de quelqu'un qui n'hésite pas à écraser les autres. Contraste car très riche et souvent avide de richesse.

aujourd'hui :

on a la même structure mais la figure de la hiérarchie a disparu ( Moi, Ming ou Ti-Tsing).

Origami : différent, la sagesse repose dans le pliage des grues.

: différent, la sagesse repose dans le pliage des grues.

b) La quête de savoir

1. « Feng » Dedieu

Le personnage principal est Feng un jeune garçon passionné de cerf-volant, il veut connaître le secret du cerf-volant. Pour cela, il s’adresse à un vieux sage . Il devra apprendre par l’observation de la nature.

2. « Comment Wang Fo fut sauvé Comment Wang Fo fut sauvé » MARGUERITE YOURCENAR.

C’est l’histoire d’un vieux peintre qui a le profil du vieux sage, sillonne les campagnes avec son disciple Ling. Ling veut apprendre à peindre aussi bien que son maître.

« Petit aigle » JIANG HONG CHENG.

Un grand sage recueille un soir un jeune garçon, à qui il transmettra le savoir ancestral qu’est la boxe de l’aigle.

Dans ces trois histoires ce qu’il faut retenir, c’est l’aspect formateur. Une personne âgée, pleine de sagesse, qui transmet un savoir ancestral à un jeune garçon demandeur de ce savoir.

4-« La soupe aux cailloux»» JON J MUTH.

Il est un peu différent des albums précédents. Ici ce sont trois moines qui apportent leur philosophie aux habitants d’un village.

5-«Le pinceau magique» DIDIER DEFRESNE.

Ce conte diffère puisque face au refus du vieux maître, notre personnage sera autodidacte et apprendra seul à peindre. Cependant un homme ayant le profil parfait du vieux sage intervient dans ses rêves pour lui donner un pinceau magique.

6-« Ti Tsing » CHLOTILDE BERNOS

Le personnage central veut à tout pris avoir un cerf volant. C’est le seul album dans lequel le personnage est en quête d’un bien matériel.

III) A LA DECOUVERTE D’UNE CULTURE

Ces ouvrages donnent matière à la curiosité des enfants. Cela peut offrir des points de comparaison avec nos sociétés occidentales et notre environnement.

a) Paysages

Au niveau des illustrations, nous avons toujours de grandes étendues verdoyantes (Qui voit quoi ? Moi, Ming). Un cadre où la nature est omniprésente, ce qui peut avoir un lien à la philosophie zen. Les personnages sont toujours très petits dans ces pages d'illustrations de paysages. (renforcement idée de grands espaces : Ti-Ttsing, Moi, Ming).

Les scènes de la vie quotidienne dans les villages sont représentées : Moi, Ming, rizières de Ti-Tsing, La soupe aux cailloux)

Pour la flore : cerisier et ses petites fleurs blanches récurrents (Lipo et Toufou, Moi Ming et Origami) : rappel des mangas et séries animées de l'enfance avec les pétales qui tombaient au moment de passages tristes

Une opposition est à noter : la grisaille et l'atmosphère polluée du paysage urbain de les mouettes sont revenues.

b) L’art dans l’album à thème asiatique

L’art est présent à travers le support, comme Feng qui fait référence à l’art asiatique par son format, par la qualité de son papier, par le type d’illustration qu’il utilise. Lipo le fou etToufou le sage  permet lui aussi de découvrir l’art asiatique par ses illustrations.

L’art et le travail manuel sont aussi présents à travers l’histoire racontée par l’album.

L’art du cerf-volant

La peinture

La poésie

La peinture sur ombrelle

 

Le matériel est souvent décrit, par exemple dans  Comment Wang-Fô fut sauvé,

« Il ne chérissait que ses pinceaux, ses rouleaux de soie ou de papier de riz, et ses petits bâtons d’encres de diverses couleurs qu’il frottait contre une pierre pour en mélanger la poudre avec un peu d’eau. »

Dans cet album le vieux peintre est arrêté par l’empereur parce qu’il peint la nature plus belle qu’elle n’est en réalité. Ceci pose la question philosophique qui est : est ce que l’art représente la réalité, ou des choses plus belles que le réel ?

 

c) Philosophie et religion

On ne peut pas ne pas parler de bouddhisme ici. Le bouddhisme est une religion et une philosophie à la fois. Le bouddhiste, c’est celui qui a développé le sagesse et la compassion. Mais dans notre contexte, sagesse ne signifie pas accumulation de connaissances. Cf. Feng, Feng veut connaître le secret du cerf-volant qui vole au-dessus des cieux. «  Ô maître, apprend-moi ton art ! »

VS Le pinceau magique où un maître refuse à Li de le prendre sous son aile.

Mais Feng ne cherche pas à briller devant les gens, bien que « son savoir-faire lui valut tous les honneurs des riches seigneurs, admiratifs devant la perfection de ses oiseaux de papiers » Feng sait qu’il n’est pas encore « l’égal du vieux sage ». Il reconnaît quelques pages avant la fin du livre « Maître je suis un ignorant » (ce qui est la plus grande des sagesses Cf. Socrate). On retrouve aussi cette idée d’un apprentissage long et difficile dans Petit Aigle.

D’autre part, on pourrait parler d’un bouddhisme japonais (Zen, Yin et Yang : histoire d équilibre, je ne m’étends pas) qui s’est développé en symbiose avec le Shintoïsme, sorte de culte indigène de la nature et de divinité ancestrale. Or, on retrouve là dedans, le culte de la nature. Il s’agit de réaliser l’harmonie grâce à un profond attachement intérieur pour la nature, une grande sensibilité notamment envers sa beauté esthétique :

Pinceau magique : « Il passait son temps à observer la nature et à admirer le paysage »… « Il rêvait d’apprendre la peinture pour raconter toutes les beautés du monde ».

 : « Il passait son temps à observer la nature et à admirer le paysage »… « Il rêvait d’apprendre la peinture pour raconter toutes les beautés du monde ».

Dans Origami, il y a des images poétiques, inspirés de la nature Cf. Incipit : « Il neige des cerisiers, flocons de pétales blancs, neiges de printemps. Kéiko, à genoux dans l’herbe tendre, écoute le vent se glisser entre les branches ; Un petit vent tiède et doux qui coule dans le cou. »

En accord avec la nature, on retrouve aussi la méditation qui tient une place prépondérante dans le bouddhisme. Dans Lipo le fou… , Lipo médite tous les jours dans les brumes du matin.

Désillusion aussi, on peut préciser que dans Qui veut sauver Wang Fo, l’ Empereur reproche d’avoir peint un monde beaucoup plus beau que le réel p.19 « Tu m’as menti Wang-Fô : le royaume des Hans n’est pas le plus beau des royaumes. Le seul Empire sur lequel il vaille la peine de régner est celui ou tu pénètres, vieux Wang, par le chemin des 1000 courbes et des 10.000 couleurs. »

En effet, ses peintures l’ont dégoûté de tout ce qu’il possède et lui ont donné envie de ce qu’il n’a pas et ne pourra jamais avoir.

L’Empereur ici n’agit pas en tant que bouddhiste puisque le bouddhiste a l’esprit paisible, libre de tout attachement et de toute avidité. L’empereur sort ici de ce cadre, ne maîtrise plus ses émotions. Il est à l’opposé des moines Zen de La soupe au chou .

Enfin, la Sagesse Taoïste aussi est évoquée. Le rire apparaît comme l’un des enseignements fondamentaux du Taoïsme: Lipo… « C’est donc ainsi qu’il repère le passage du poète, derrière lui, Lipo laisse des traces de rire sur les visages qu’il rencontre. » conclusion : «  Au petit matin, des le réveil, pour un oui, ou pour un non, Toufou rit avec Lipo. Ils rient de tout leur soûl, il rit à en ébranler le ciel. Sans mentir, on les entend encore au-delà du fleuve jaune et de la troisième lune. ».

CONCLUSION

Il faut juste retenir, que dans les livres qui s’inscrivent dans un cadre plus traditionnel, on retrouve une philosophie, la recherche d’un bonheur, d’un enrichissement intérieur, mais aussi une quête de savoir, savoir-faire à l’opposé de notre culture européenne.

Cet engouement pour l’Asie (il n’y a jamais eu autant d’ouvrages que ces dernières années sur ce thème), à l’opposé de notre culture, ne serait-il pas le moyen, pour nous, de prendre un peu de recul face à notre culture européenne plus matérialiste et étouffante ?

BIBLIOGRAPHIE

CLOTHILDE BERNOS « MOI, MING »

CLOTHILDE BERNOS  « TI, TSING »

DEDIEU « FENG »

DIDIER DEFRESNE  « LE PINCEAU MAGIQUE »

MARTINE DELEIM  « ORIGAMI »

TORAJI ISHIBE « LES MOUETTES SONT REVENUES »

MITSUKO ISHIKAWA, EIGORO FUTAMATA  « DES FANTOMES A L’ECOLE MATERNELLE »

JON –J MUTH  « LA SOUPE AUX CAILLOUX »

JINZABURO TAKAGI, KEN KATAYAMA « QUI VOIT QUOI ? »

MARGUERITE YOURCENAR « COMMENT WANG- FO FUT SAUVE »

CHEN JIANG HONG « PETIT AIGLE »

 

 : « Chaque jour, je porte un chapeau de paille tressé et un pantalon flottant » : « En 3 secondes, il met son pantalon, sa veste, attrape ses sandales, son chapeau de paille et surtout les gros gros beignets au gingembre que sa maman a préparé. » certains éléments plongent directement le lecteur dans un milieu donné. Cf. première page  : muraille de Chine et statue Bouddha que l’on retrouve aussi dans
de DELERM : on part au Japon pour un album qui s’inspire de la réalité. Sadako meurt des suites de la maladie de la Bombe A. Point de vue de plusieurs de ses amies. Un album tout en douceur, plein de poésie.

de DELERM : on part au Japon pour un album qui s’inspire de la réalité. Sadako meurt des suites de la maladie de la Bombe A. Point de vue de plusieurs de ses amies. Un album tout en douceur, plein de poésie. : « Chaque jour, je porte un chapeau de paille tressé et un pantalon flottant » : « En 3 secondes, il met son pantalon, sa veste, attrape ses sandales, son chapeau de paille et surtout les gros gros beignets au gingembre que sa maman a préparé. » certains éléments plongent directement le lecteur dans un milieu donné. Cf. première page  : muraille de Chine et statue Bouddha que l’on retrouve aussi dans