QIN LENG

QIN LENG illustratrice

Fuji400 002

L'illustratrice, Qin Leng est née à Shanghai. A l’âge de 5 ans, elle vient vivre en France, à Bordeaux, avant de déménager à Montréal. Elle évolue au milieu des œuvres picturales de son père, lui-même artiste. L’expression artistique devient une seconde nature pour elle. Elle nourrit une passion pour les livres pour enfants. Elle réalise des courts métrages d’animation qui reçoivent de nombreuses récompenses. Qin Leng vit depuis 2006 à Toronto, où elle travaille pour des séries d’animation TV et illustre de multiples albums pour la jeunesse. Elle a également mis son talent au profit de l’UNICEF. (présentation Ricochet)

A la publication en France de son dernier album "L'ABRI", écrit par Claire Céline, aux éditions Bayard, rencontre avec Qin Leng

19tlpevz7idbkrzgtc3jwpqbbycc3nydoezzh2b6n1xljmn9a5l2hd3jh2rx86wbqwq0afm s85

 

-          Comment êtes-vous venue à l’illustration. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Depuis toute petite, j’ai toujours aimé le dessin.

Mon père étant artiste peintre, je me trouvais constamment stimulée par le milieu visuel. Cela dit, j’ai pendant longtemps relégué le dessin au niveau ‘passe-temps’ et jamais comme une possibilité de carrière.

Ce n’est qu’à l’âge de 20 ans, par pur hasard, que je me suis inscrite au programme de Film d’animation à l’Université de Concordia.

Mais encore là, il m’a fallu à nouveau 4 ans dans l’industrie de l’animation, pour me pousser à faire le grand saut dans le monde de l’illustration.

En 2009, j’ai ’envoyé mon portfolio à près d’une centaine de maisons d’éditions. Quelques mois plus tard, j’ai décroché mon premier contrat: une couverture toute simple pour un roman jeunesse. Et depuis, chaque année m’a apporté de plus en plus de projets.

 

-          Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

A l’âge de 4 ans, ma famille et moi sommes arrivés en France. Mes meilleures souvenirs de jeunesse restent ces quelques années passées à Bordeaux. Il y avait beaucoup de lecture pour passer le temps, et beaucoup de dessin. J’ai lu les classiques: Tintin, Spirou, Asterix, Lucky Luck, la comtesse de Ségur. Mais ceux qui m’ont le plus inspirée dans mon style sont Jean-Jacques Sempé et Gabrielle Vincent. D’ailleurs, leur travail continue de m’inspirer énormément à ce jour.

Ghny43wp d rci8km633chwjb1zx9dwwkclhgztp45gtt7s x1sv8psyndk53rohrqb9va s130

 

-          Pourquoi l’illustration pour des albums jeunesse ? D’où vient cette passion pour le monde de l’enfance ?

La lecture est un véhicule incroyable pour faire apprendre aux enfants toutes sortes de choses. Etant petite, j’étais une lectrice passionnée. Ma soeur jumelle et moi pouvions rester des heures au coins lecture de FNAC, pendant que nos parents faisaient tranquillement leurs emplettes.

C’est pour ce public, qui a une telle soif d’apprentissage, une telle curiosité que je veux dessiner.

De plus, je crois qu’il n’y a pas de plus grand bonheur que d’illustrer toute l’énergie, la naïveté, et l’innocence si propre aux enfants.

 

-          Quelles techniques utilisez-vous le plus ?

Tous mes dessins sont réalisés sur papier, l’encrage étant fait au pinceau ou à la plume. Cela dépend de l’effet que je recherche. Pour le produit finale, le coloriage est fait à l’aquarelle.

Dans mes débuts, certains de mes projets étaient coloriés à l’ordinateur. Mais depuis 3 ans, je me suis complètement dédiée à la technique traditionnelle. L’aquarelle est une technique difficile à maîtriser, mais qui apporte une spontanéité que j’apprécie beaucoup.

 

-          Originaire de Chine, vous avez vécue en France avant de vous installer au Canada… Cette richesse culturelle influence t-elle votre travail ?

Je pense que les premières lectures de mon enfance ont grandement influencé mon travail.

Différente des illustrations en Amérique, je crois qu’il y a une esthétique visuelle très propre à l’Europe. Une certaine souplesse que je ne retrouve pas de la même façon chez les illustrateurs américains.

C’est cette souplesse, cette douceure (très présente dans le Petit Nicolas et Ernest et Célestine, par exemple) que j’essaie toujours d’exprimer dans mon travail.

Vmfxbvfwbwzrq4wrajrwaaor8stpcqp2bqagdjttjj5joug2faa5gjovyqgmstmuchwkta s130

 

-          Vous avez été remarquée pour votre talent en matière d'animation ; comment travaillez-vous à la fois sur vos projets d'animation et de livre ?

Je travaille en tant que maquettiste dans une compagnie d’animation qui réalise des dessins animés pour les jeunes. Cela étant mon travail à temps plein, je me débrouille avec le peu de temps qui me reste: les soirées et les week-end, pour travailler sur mes projets de livre.

Cela me garde bien occupée, parfois trop occupée! Surtout avec l’addition toute récente de mon fils de 4 mois.

 

-          Comment s’est faite la collaboration avec Céline Claire pour votre dernier album ?

Il y a un an, je fouinais parmis les nouvelles publications dans une libraire de Montréal. Je suis toujours à la recherche de nouvelles maisons d’éditions avec qui travaillé et la couverture d’un livre illustré avec Comme des Géants a attiré mon attention.

Je les ai tout de suite contactée, pour un projet de livre que j’ai moi-même écrit: Je suis Petite (qui paraîtra chez Bayard Jeunesse en France). Ils ont accepté le manuscrit, mais m’ont également offert d’illustrer l’Abri de Céline Claire.

On peut dire que c’était un bon coup de chance, de se retrouver avec une telle collaboration que je n’avais pas du tout anticipée.

 

-          Pouvez-vous nous parler de vos projets ?

Je travaille toujours sur deux ou trois livres à la fois. On pourrait dire que je dessine comme je respire, et donc l’idée de ne pas être en train de travailler sur un livre me remplie d’angoisse.

En ce moment, je viens de terminer “Je suis Petite” (mon premier livre d’auteur), avec Comme des Géants. J’ai 3 nouveaux livres prévus pour l’année prochaine: “Ordinary, Extraordinary Jane Austen” (écrit par Deborah Hopkinson, publié par Harpercollins USA), “Goodnight Goodnight” (écrit par Dennis Lee, publié par Harpercollins Canada), et “The Better Tree Fort” (écrit par Jessica Scott Kerrin, publié par Groundwood Books).

Et enfin, je travaille actuellement sur trois nouveaux projets de livre: le premier avec Groundwood Books intitulé “When I Found Grandma”, écrit par Saumiya Balasubramaniam.

Le second: “Mine Yours” écrit par Marsha Daniel Arnold, avec Kids Can Press.

Et finalement un dernier “New Year”, écrit par Mei Zihan avec China Children’s Press and Publication Group.

De quoi garder mes jours et mes nuits bien remplies!

Pour en savoir plus, retrouver les livres illustrés par Qin Leng, lire son blog (cliquez ici)