MATTHIEU ROUSSEL

Roussel

Rencontre avec MATTHIEU ROUSSEL, à propos de la sortie de "Mon drôle de cheval" / Didier Lévy - éd. Sarbacane

Matthieu Roussel est l'un des co-fondateurs de Square Igloo, société de développement d'applications et de livres numériques jeunesse. Illustrateur, son style inimitable de 3D "papier mâché" ou texturé lui vaut un succès international durable aussi bien en édition jeunesse que dans la publicité et la communication.
Après plus d'une vingtaine de livres édités sur papier parus chez Sarbacane, Nathan ou Gallimard ainsi que la série de 25 albums chez atlas "avec Tim et lillou je découvre le monde en grand", il se lance dans l'aventure numérique en 2010, séduit par l'immense liberté de création qu'offrent ces nouveaux supports. Il a créé, pour Square Igloo, le graphisme de 3 applications dont le succès ne se dément pas : "Le Sous-marin de Scott", "La Dame aux mille chats", et enfin "L'aventure Polaire de Scott"... (présentation par Lirenval) Matthieu Roussel s'est déjà intéressé à l'Asie (voir bibliogr.) mais avec " MON DRÔLE DE CHEVAL", avec la collaboration de Didier Lévy chez Sarbacane, c'est un nouveau regard sur la Mongolie : plus réaliste, actuel...

Pouvez-vous nous parler de votre parcours?

J’ai étudié 1 ans et demi aux arts appliqués duperré à Paris et j’en suis parti pour l’ecole supérieure des arts decoratifs de Paris.

J’y ai appris le design industriel, l’illustration , la gravure , la sculpture.

Puis je me suis lancé en 1991 comme illustrateur free-lance.

J’ai commencé à travailler pour des magazines et pour une agence de packaging, puis la publicité et enfin l’édition..

 

2 Comment avez-vous été amené à illustrer pour des livres "jeunesse", plus particulièrement des albums pour les plus grands?

Depuis que je dessine j’ai le souvenir de toujours avoir eu envie de faire des livres illustrés.Lorsque j’ai commencé en tant que free-lance,je faisais des projets de livres personnels que j’allais proposer dans des maisons d’édition..

Je n’ai jamais réussi à cette époque à vendre mes projets. Un peu découragé , j’ai fait plus de travaux de commande pour la com ou pour la pub.puis j’ai laissé tomber l’édition…

Enfin un jour une connaissance de mon agent de publicité me contacte pour me demander si cela m’interessais d’illustrer un livre.Cette personne etait Frederic Lavabre cofondateur des Editions Sarbacane.

j’ai dis oui bien sûr et ma collaboration avec Didier levy à commencé. C’était en 2003 , et nous avons publié Angelman, le premier livre jeunesse en illustration 3d.

 

3 Vous avez déjà collaboré avec Didier Lévy pour des albums : comment s'est faite cette collaboration?

Nous avons fait 6 livres avec Didier, tous édités chez sarbacane.

C’est Frederic lavabre qui nous a mis en contact pour notre premier album “Angelman”.

Notre collaboration est tres souple. Parfois Didier me demande si j’ai des thèmes qui m’interesse , on en parle et il écrit.

Parfois c’est moi qui ai une envie , je lui en parle et nous commencons a travailler sur ce projet.

Je lui soumet des dessins pour l’inspirer et lui me raconte des bribes d’histoires pour me motiver..

 

4 Vous faites de l'illustration 3D ; utilisez-vous d'autres techniques d’illustration?

Je me suis remis recemment à travailler en 2d , sous le nom de mattmurdock et je publie de temps en temps des illustrations 2d.

Je fait aussi de la gravure sur bois pour des expositions (www.gravuressurbois.com)

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5 Sur votre blog, nous découvrons de nombreux personnages et univers : est-ce des commandes ou des créations originales sans lien avec des produits?

La plupart de ce qui se trouve sur mon blog sont des travaux de commande.

J’y poste ceux que j’estime interressant au niveau graphique.

 

6 Y a t-il des personnages ou dessins animés qui vous ont inspiré?

Je suis un grand fan de Moebius, dessinateur de genie qui m’a donné la furieuse envie de dessiner. Je citerai aussi hugo pratt.

J’ai toujours l’oeil attiré par le graphisme , les musées que je ne manque jamais de visiter lorsqu’il m’arrive de voyager.

Quand aux dessin animé, je suis surtout un grand fan de Pixar , bien sûr, mais je dois dire que je ne me precipite plus sur tous les films d’animations qui sortent, car bien souvent les scenarios sont décevants.

 

7 De plus en plus d'illustrations, de mise en couleur se font par ordinateur pour les livres ; qu'est-ce que la 3D apporte ou permet de faire en plus?

La 3d permet surtout de travailler en volume. C’est ce qui m’a plut avec cette technique, car avant la 3d sur ordinateur, je faisais aussi des illustrations en volume, en pate à modeler ou en plâtre.

La 3d me permet aussi de faire des images que je n’aurai sans doute pas réussi à faire, notamment le rendu réaliste.

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8 Sans prendre parti pour le papier ou le numérique, qu'est-ce qui vous ferait choisir, si vous aviez le choix, l'option illustration pour album papier ou numérique? en quoi l'histoire changerait selon sa version papier ou numérique?

Cela ne change rien en soit, cela reste des histoires illustrées, mais le numerique rajoute une dimension nouvelle, c’est l’animation et l’interactivité .

Mais je pense que c’est deux supports différents avec des utilisations et des processus creatifs different.

Je pense que les livres numeriques ne remplacerons pas dans un avenir proche les livres papiers..Je me suis lancé il ya quatre ans dans l’édition d’applications pour enfants avec des histoires et des jeux integrés, mais cela n’a pas trouvé son public pour de multiples raisons, mais ce que j’en retire, c’est que rien ne remplace la lecture d’un livre papier, bien calé sur un lit ou dans un bon canapé avec son ou ses enfants autour de soit, qui vous écoutent lire…

 

9 de nouvelles techniques permettent maintenant d'entrer à l'intérieur des illustrations... Comment imaginez-vous raconter une histoire dans quelques années?

Je suis impatient de voir un livre illustré en réalité virtuelle avec un casque pour une immersion totale..je pense que cette technologie risque de vraiment révolutionner nos loisirs..

 

10 "Mon drôle de cheval" nous emmène en Mongolie. Ce qui peut surprendre au-delà du ton humoristique, c'est la justesse de la problématique mongole traitée dans cette histoire ; habituellement les livres pour la jeunesse aborde plutôt une Mongolie caricaturale et figée.

Comment est né cet album? Avez-vous discuté avec l'auteur?

L'humour et le rythme de l'histoire sont beaucoup apportés par l'illustration : est-ce un travail commun à ce niveau?

Je suis parti en voyage en Mongolie pendant 3 semaines chez une famille mongole dans un petit village au nord du pays.Ce voyage qui était un rêve d’enfant m’a transformé.

Lorsque je suis rentré j’avais envie d’en parler et notamment d’évoquer ce qui m’a parut evident la-bas, c’est a dire le choc entre la modernité et les traditions.

J’ai parlé à Didier levy de ce thème et aussi de ce voyage.Il m’a écouté, s’est mis à écrire et à repondu totalement à mes attentes.

j’ai conservé beaucoup de passion et d’amour pour les mongols, et je ne voulais pas trahir ce que j’avais ressenti dans ce pays.

Ce sont des gens qui pour l’instant trouvent un équilibre entre le bon du modernisme et le bon des traditions…j’ai éssayé d’être fidèle graphiquement à ce que j’y ai vu, et je suis tres fier de cet album.

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11 Aviez-vous des connaissances ou un intérêt pour les mongols? Vous êtes-vous documenté?

Mon intéret pour les Mongols a débuté lorsque j’ai vu le film Urga.Je me suis dis à l’époque que j’irai un jour en Mongolie.

J’y suis parti avec une personne qui est marié à une mongole et qui m’a fait decouvrir le pays de l’interieur. Une chance inouie pour moi.

Tout ce que j’y ai vu m’a nourri d’images que j’ai traduit en illustration pour cet album.

 

12 Si vous n'aviez pas eu de texte sur lequel vous appuyer, comment auriez-vous présenté la Mongolie, quelle particularité auriez-vous mise en valeur?

J’aurai presenté la Mongolie à travers les nomades, leurs chevaux, leurs motos, leur amour de la nature et des animaux.la dimension mystique y est tres présente, notamment dans la region ou je suis resté, une terre de Chaman.

On sent dans ce pays immense une connexion rééelle entre les esprits de la nature et l’homme, pour peu que l’on se laisse porter par l’instant.

La vie y est dure, rien n’y est bon ou mauvais, c’est la nature à l’état brut.

 

13 Par vos centres d'intérêts ou d'idées de création 3D, quel autre pays ou univers asiatique aimeriez-vous traiter?

Sans hesitation, le Japon. Dans mon avant dernier livre “le tatouage magique”, j’ai créé un décors mi japonisant mi occidental qui sert une histoire “d’initiation”.

Dans un autre “les joyeux malheurs de WU” j’ai inventé un monde plutot chinois.

J’aime beaucoup l’Asie, et c’est une destination de voyage vers laquelle je retourne souvent.

Mais j’aimerai bien faire un livre “Japonais” avec des geishas, des samourais et des pikashu..

 

14 Pouvez-vous nous parler de vos projets?

Je n’ai pas de projets de livre pour l’instant , mais je pense regulierement à faire un récit de mon voyage en Mongolie, en BD.

Ce serait une histoire fantasmée de ce que j’y ai vecu, avec une dimension chamanique.

Merci à vous.

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